Réduction des méfaits

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La réduction des méfaits est une approche complète, juste et fondée sur les connaissances scientifiques, en matière de consommation de drogues. Elle correspond à des politiques, des stratégies et des services qui visent à aider les personnes qui utilisent des substances psychoactives légales et illégales à mener une vie plus saine et plus sûre. Toute drogue a des effets à la fois positifs et négatifs. La consommation de substances psychoactives peut affecter la santé et la vulnérabilité juridique de la personne concernée, et la réduction des méfaits reconnaît que les personnes consomment des drogues pour de nombreuses raisons. La réduction des méfaits n’exige pas de réduire la consommation de substances psychoactives et/ou de pratiquer l’abstinence afin de recevoir du respect, de la compassion ou des services. Il est clair que la plupart des personnes qui consomment des drogues ne rencontrent pas de problèmes, mais dans certaines circonstances, la consommation peut évoluer vers une dépendance et/ou devenir chaotique. La réduction des méfaits rehausse la capacité des personnes qui utilisent des drogues à exercer un contrôle accru sur leur vie et leur santé, et leur permet de prendre des mesures préventives et proactives pour elles-mêmes, leur famille et leur communauté.

– Streetworks (Edmonton)

La réduction des méfaits reflète un consensus répandu parmi un large éventail de représentant-es du gouvernement, de professions de la santé, de forces de police et d’instances d’application de la loi, d’universitaires et d’organismes non gouvernementaux. Or, en 2007, le Gouvernement du Canada a supprimé la réduction des méfaits en tant qu’élément officiel de la stratégie fédérale canadienne sur les drogues, et adopté une approche plus punitive en la matière. Autrefois chef de file en matière de politiques progressistes sur les drogues, le Canada s’était également opposé dans des forums internationaux à la réduction des méfaits en tant qu’élément clé des stratégies mondiales et nationales relatives aux drogues.

Alors que les gouvernements provinciaux continuent de développer des services de réduction des méfaits parallèlement à l’évolution des stratégies municipales en matière de drogue, les priorités politiques fédérales entravent de plus en plus la mise en œuvre de mesures locales de réduction des méfaits.

Priorités d'action

Créer un environnement juridique et politique facilitant l’élaboration et l’expansion des approches et des services de réduction des méfaits dans l’ensemble du pays. Ceci comprend les objectifs suivants:

  • Rétablir la réduction des méfaits comme l’un des quatre piliers de la stratégie fédérale canadienne sur les drogues, appuyée par un financement adéquat.
  • Abroger des mesures législatives telles que le Projet de loi C-2, qui entravent la mise en place de services de consommation supervisée là où ils sont nécessaires.
  • Élaborer des politiques pour permettre et orienter la mise en œuvre de services de réduction des méfaits qui sont largement absents ou qui ne sont disponibles que dans des contextes restreints, tels que la distribution de naloxone (utilisée pour empêcher la surdose d’être mortelle) et l’analyse d’échantillons de drogues illicites; et
  • veiller à ce que la naloxone puisse être fournie sans ordonnance et distribuée par le personnel médical aux consommateurs de drogues, à leur famille et à leurs ami-es, ainsi qu’à d’autres personnes susceptibles d’être témoins de cas de surdose.
  • Mettre à l’échelle les services de réduction des méfaits partout au Canada, y compris en région rurale et isolée ainsi que dans les prisons – cela comprend l’élargissement de la gamme d’options de traitement de la toxicomanie disponibles derrière les barreaux et l’accès assuré à du matériel d’injection stérile.
  • À l’échelle internationale, plaider pour que la réduction des méfaits soit reconnue comme un élément essentiel des stratégies en matière de drogues, aux niveaux mondial et national, lors de la Session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies sur les drogues, en avril 2016.

Lectures complémentaires: