Énoncé de position

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Publié le 30 décembre 2025
Mis à jour le 7 janvier 2026
Le présent document expose la perspective organisationnelle de la Coalition canadienne des politiques sur les drogues au sujet du traitement des dépendances : en quoi ces traitements consistent, leurs lacunes actuelles et ce quipermettrait de répondre aux besoins des individus et de la population. Nous reconnaissons le vécu des personnes qui entretiennent un rapport difficile avec la consommation, de même que la situation des proches qui les aiment et qui ont leur bien-être à cœur. Nous croyons que chaque personne devrait avoir accès à du soutien encadré lorsque c’est son désir. Parallèlement, nous remettons en question l’idée que le traitement des dépendances seul – surtout lorsqu’il est inaccessible, de faible qualité, culturellement inadapté et contraignant – puisse améliorer les conditions sociales influençant la consommation ou encore les politiques sur les drogues qui causent bien des ravages.
Les attitudes culturelles exercent beaucoup d’influence sur le discours public relatif à la consommation. Il est de plus en plus reconnu qu’il existe divers types de consommation et que ces comportements ne peuvent être dissociés des facteurs sociaux, économiques et personnels en présence, mais les « dépendances » sont encore largement présentées comme un phénomène individueli.1 En outre, nous observons avec inquiétude que les décès liés à la crise des drogues non réglementées alimentent la tendance vers des politiques et des attitudes collectives qui considèrent le traitement, surtout le traitement en hébergement, comme principale ou unique solution.
Nous pouvons faire mieux : il existe des solutions plus humaines et plus efficaces. Collectivement, nous avons le pouvoir de modifier nos politiques sur les drogues afin d’optimiser les retombées en santé publique. Outre ce travail urgent et nécessaire en amont, des mesures concrètes peuvent être appliquées dans l’immédiat pour améliorer le traitement des dépendances et veiller à ce que tout le monde ait un accès rapide à des services de qualité dans le cadre du système de soins de santé universel.
Le présent document vise à encourager les décideur·euse·s, les militant·e·s et le public à porter un regard critique sur le système de traitement des dépendances du Canada. Nous espérons qu’il les amènera à envisager comment les approches gouvernementales pourraient mettre l’accent sur le bien-être, la dignité, le choix et l’équité.
Le présent énoncé porte sur la position de la Coalition canadienne des politiques sur les drogues, qui ne correspond pas nécessairement à celle des nombreuses organisations et personnes avec lesquelles nous collaborons.
Contexte : ce que nous entendons par « dépendances »
Malgré son omniprésence dans le discours public, la dépendance est un phénomène complexe dont la définition scientifique ne fait pas consensus.2 La vision occidentale de la dépendance a évolué au fil du temps.345 Par exemple, au 16e siècle, les évangélistes décourageaient la « dépendance » aux sentiments associés à des péchés comme l’orgueil, mais encourageaient celle au service de Dieuvi.6 Ensuite, une fois le concept associé à la consommation de substances,des chroniques culturelles britanniques rapportaient qu’il s’agissait d’un simple « vice personnel » pour les riches, mais d’un « méfait politique » pour les classes ouvrières démunies.7 Ce « modèle moral » des dépendances a changé au milieu du 19e siècle, quand l’Association américaine de psychiatrie a catégorisé l’alcoolisme et la toxicomanie comme des « troubles de la personnalité sociopathe » dans la première version du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-I). Ce n’est qu’en 1980, dans la troisième version du DSM, que le terme « trouble lié à l’usage de substances » a émergé pour désigner un trouble de santé mentale.8
Plus récemment, certaines personnes ont présenté la dépendance comme une « maladie cérébrale » chronique et récurrente. Selon ce modèle, la dépendance serait causée avant tout par des processus biologiques liés au système endocrinien, aux neurotransmetteurs et au système nerveux qui entraîneraient des changements structurels dans le cerveau. 9 10 S’il a été prouvé que la consommation peut entraîner de tels changements, les théories voulant que la dépendance soit principalement causée par des aspects biologiques sont remises en doute par bon nombre de chercheur·euse·s et clinicien·ne·s.11
Si nous résumons ici ce pan de l’histoire, c’est pour montrer que la dépendance n’est pas comme les autres maladies. La plupart des affections physiques sont associées à des signes biologiques et peuvent être détectées soit par des techniques d’imagerie médicale, soit par des analyses de sang ou d’urine. Inversement, le diagnostic de « trouble lié à l’usage de substances » se fonde sur les comportements que la personne touchée dit avoir et sur des entretiens cliniques. Ces méthodes peuvent s’avérer peu fiables si elles sont influencées par les préjugés de la personne évaluatrice. Étant donné la place des observations subjectives dans le diagnostic, les façons de décrire et d’aborder les dépendances pourraient refléter autant les attitudes culturelles que les avancées scientifiques.12 13 Certains facteurs socioéconomiques, comme le contexte culturel et le statut légal d’une substance donnée, exercent une influence non négligeable sur le type de personnes qui reçoivent un diagnostic de trouble lié à l’usage de substances.
Nous sommes au fait de tous les effets que les drogues peuvent avoir sur le corps et sur l’esprit. Certaines personnes vivent énormément de difficultés en lien avec leur consommation et en souffrent sur les plans physique, psychologique et relationnel. Ce genre de vécu souligne l’importance de veiller à ce que du soutien de qualité fondé sur des données probantes soit accessible aux personnes qui le souhaitent. Cela dit, il faut également se rappeler que le diagnostic de trouble lié à l’usage de substances n’est pas neutre ni objectif.
Qui plus est, nous soulignons que le statut légal des différentes drogues façonne le discours dominant à leur sujet. La confusion entourant la nature des dépendances découle en grande partie du fait que certaines substances sont illégales. Dès lors, il devient difficile de distinguer ce qui relève d’une consommation problématique et ce qui découle de politiques inadéquates sur les drogues.13
L’interdiction et la criminalisation des drogues contribuent au maintien d’un climat de méfiance généralisée à l’égard des personnes qui consomment des substances illégales et promeuvent l’idée fausse selon laquelle toute consommation de drogues illégales mènera à la dépendance ou en est un symptôme.14 15 16 17Nous dénonçons cette position : selon les études, la plupart des personnes qui consomment des drogues illégales ne remplissent pas les critères diagnostiques d’un trouble lié à l’usage de substances.18 19 Parmi celles qui répondent aux critères, bon nombre consomment de façon modérée et n’auront jamais recours aux services de traitement des dépendances.20 21 Les données de santé publique à l’échelle de la population canadienne indiquent aussi que le taux de prévalence des troubles liés à l’usage de substances, bien qu’il varie d’une région à l’autre, est resté relativement stable sur dix ans, contrairement au taux de surdoses – mortelles ou non –, qui a pour sa part augmenté considérablement au cours de la même période.22 Les experts s’entendent généralement pour dire que le principal facteur de surdose et de mort par surdose est la toxicité et l’imprévisibilité des drogues dont l’approvisionnement n’est pas réglementé.23 25
En conséquence, nous soutenons que : a) nous devons envisager les habitudes de consommation et les définitions de la dépendance en tenant compte des facteurs légaux, économiques, sociaux et culturels qui les influencent; b) les personnes doivent être outillées pour établir elles-mêmes si leur consommation est un problème et ce qu’elles souhaitent faire; c) les discussions et les débats traitant de dépendance doivent aborder les facteurs contextuels, en premier lieu les lois et les politiques sur les drogues.
La consommation remise en contexte : agir sur les inégalités sociales pour aider les gens
Où que l’on regarde ou presque, le taux de prévalence des troubles liés à l’usage de substances n’est pas réparti de façon égale entre différentes populations.24 Certaines caractéristiques démographiques augmentent la probabilité de recevoir un diagnostic de trouble lié à l’usage de substances, notamment la pauvreté ou l’itinérance, les origines autochtones, l’appartenance à un groupe minoritaire en matière d’orientation sexuelle ou d’identité de genre, ou encore la présence d’un handicap. 25 28 26 27 28 Les raisons derrière cette réalité sont complexes : bien qu’il ne soit pas clairement établi que ces groupes consomment plus de substances que les autres, il est bien démontré que les inégalités sociales contribuent à instaurer des conditions de vie qui peuvent faire de la consommation une habitude utilitaire ou désirable.29 Par exemple, certaines personnes en situation d’itinérance disent consommer des stimulants pour ne pas s’endormir, puisqu’elles craignent de subir une agression ou un vol.30 Combinée à d’autres formes d’oppression, en particulier l’oppression coloniale et le racisme structurel, qui restent toujours d’actualité, la stigmatisation de la consommation favorise aussi certaines habitudes de consommation.31 35 32 Nous reconnaissons donc que pour certaines personnes, la prise de drogues sur une période prolongée peut s’avérer une stratégie de protection rationnelle pour survivre à l’oppression.
Les disparités marquées dans la prévalence des troubles liés à l’usage de substances pourraient même révéler à quel point les populations opprimées sont soumises à un contrôle et à une surveillance intenses de la police, du gouvernement, du réseau de la santé, de l’industrie des services sociaux et du grand public.33 38 39 34 35 Leur consommation n’est pas forcément plus fréquente ou plus élevée que celle des autres, mais elle est certainement plus surveillée et plus visible.36 On le remarque clairement dans la législation et le discours politique sur la consommation dans les espaces extérieurs et les lieux publics. Malheureusement, au lieu de s’attaquer aux facteurs sociétaux sous-jacents qui mènent à la dépendance et à la consommation dans les espaces extérieurs, bien des élu·e·s mettent la faute sur les individus.37 Nous avons vu que la dépendance devient un épouvantail très commode pour les décideur·euse·s qui doivent expliquer pourquoi la consommation dans les lieux publics et le désordre social augmentent actuellement.38 39 40 Et ce, sans admettre que beaucoup de gens vivent des difficultés matérielles, ni que les taux de pauvreté et d’itinérance augmentent continuellement partout au pays.41
Il est inquiétant que les promesses d’ouvrir de nouveaux centres de traitement des dépendances en hébergement, particulièrement pour des clientèles non volontaires, aient pris le dessus sur les engagements concrets visant à résoudre la crise du logement et de l’abordabilité, qui touche presque toutes les localités au Canada.42 En présentant l’ajout de places en hébergement et le traitement sous contrainte comme des solutions à la consommation en public, les élu·e·s et les responsables des politiques ont choisi de dépeindre l’enjeu comme un problème attribuable au comportement des personnes touchées, qui se résout idéalement par des interventions individuelles.43 On ignore ainsi les causes structurelles et systémiques du problème, à savoir la volatilité et l’imprévisibilité des drogues dont l’approvisionnement n’est pas réglementé ainsi que la crise du logement et de l’abordabilité. En présentant l’enjeu sous cet angle et en l’abordant ainsi, les gouvernements semblent se décharger de l’obligation de mettre en place des actions concrètes au-delà de l’annonce de places dans les centres de traitement. Bien qu’il soit louable de vouloir élargir l’accès au traitement, la mise sur pied de nouveaux établissements ne remplace pas l’investissement dans la lutte contre la pauvreté, le logement abordable, l’éducation accessible, l’emploi et les programmes de réunification familiale, ou encore dans les soins de santé accessibles et de qualité.
Les services de traitement des dépendances doivent être au service des gens
Au Canada, outre les politiques et les éléments sociaux et structurels nuisibles, il y a aussi le système de services de traitement qu’il faut améliorer sans attendre. Pour être sûr et efficace, le traitement des dépendances doit être accessible, de qualité, culturellement adapté, respectueux des droits de la personne et entrepris de façon volontaire.44 En ce moment, la courtepointe de systèmes en place au Canada ne répond pas à ces besoins pour beaucoup trop de personnes qui recherchent du soutien.45
En vertu de la Loi constitutionnelle de 1867, l’organisation et la fourniture de services de soins de santé sont de compétence provinciale et territoriale. Cela dit, le gouvernement fédéral exerce une influence fondamentale sur le système de soins de santé universel du pays en établissant des priorités nationales et en attribuant les ressources disponibles. En vertu de la Loi canadienne sur la santé, le gouvernement fédéral finance, au moyen du Transfert canadien en matière de santé, les soins hospitaliers et certains soins de santé complémentaires dans les provinces et les territoires. Ce financement est conditionnel au respect des critères prévus par la Loi canadienne sur la santé, à savoir la gestion publique, l’intégralité, l’universalité, la transférabilité et l’accessibilité. Nous sommes d’avis que le traitement des dépendances doit également respecter ces critères, et nous présentons ci-dessous quelques principes qui pourraient garantir un système de traitement sûr et efficace.
Accessibilité
Les chiffres officiels ne sont pas connus, mais les preuves anecdotiques recueillies portent à croire que le traitement des dépendances est en grande partie offert à l’extérieur du milieu hospitalier, sans médecin, par des fournisseurs de services privés.46 Actuellement, ces services ne sont pas visés par la Loi canadienne sur la santé et sont donc loin de respecter les critères prévus par celle-ci. Par conséquent, autant le fédéral que les gouvernements provinciaux et territoriaux ont remis à plus tard la création d’un système de traitement des dépendances tout en permettant à de nombreux services existants de rester entre les mains du secteur privé et de générer des profits. Nous nous alarmons du fait que les services de traitement des dépendances puissent être fournis par des entreprises à but lucratif, sachant que les individus et leur famille y font souvent appel dans des périodes de grande détresse et de vulnérabilité. Bien que certaines personnes reçoivent bel et bien du soutien dans le système actuel, nous soutenons que les services de traitement des dépendances ne devraient pas être offerts par des entreprises privées qui génèrent des profits. Puisque les gouvernements ne recueillent et ne publient pas de renseignements à ce sujet sur une base régulière, il est impossible de savoir, à l’échelle du pays, combien de centres de traitement des dépendances en hébergement sont financés par les deniers publics, combien sont exploités par le privé dans une optique de profits, et combien reçoivent à la fois des fonds publics et privés.
La principale conséquence de la privatisation du traitement des dépendances est son inaccessibilité pour la plupart des gens. En effet, il est ardu de s’y retrouver dans le système fragmenté actuel, sachant que les listes d’attente pour les services publics de gestion du sevrage, de cliniques externes et de traitement en hébergement s’étirent souvent sur plusieurs mois.47 48 49 C’est particulièrement vrai pour les personnes qui habitent des régions rurales ou éloignées, notamment les membres des Premières Nations, qui peuvent avoir à faire de grands déplacements pour recevoir des soins primaires et tertiaires 50 57 Les gens qui ont un besoin urgent de services en dépendance doivent donc choisir soit d’en payer eux-mêmes le coût, souvent prohibitif, soit d’attendre qu’une place se libère dans les services publics.51 Dans ce contexte, certaines personnes meurent sous l’effet d’une drogue toxique non réglementée avant même d’obtenir une placelix.52
L’amélioration de la capacité du système de traitement public pour répondre à la demande devrait être une priorité immédiate pour les élu·e·s. Au Canada, tout le monde devrait avoir accès à des services de traitement réglementés, de qualité, fondés sur des données probantes et fournis sur une base volontaire dans le cadre du système de soins de santé universel. Nous demandons un changement radical, pour que ces soins ne relèvent plus d’intérêts privés. Les services doivent plutôt reposer sur les principes fondamentaux de l’universalité des soins de santé, comme le prévoit la Loi canadienne sur la santé. Il faudra la collaboration de tous les ordres de gouvernement, des professionnel·le·s de la santé ainsi que des organismes de réglementation professionnels pour accélérer les admissions et l’accès aux services tout en réduisant les disparités entre les régions urbaines et rurales. Les services doivent aussi être intégrés dans le réseau de la santé et être offerts pour toute la durée nécessaire, plutôt que de façon limitée ou temporaire.
Qualité
Actuellement, l’industrie très peu encadrée du traitement des dépendances s’enrichit en parallèle du marché des drogues non réglementé, avec tous les méfaits qui s’ensuivent. Le Canada n’a pas de normes nationales pour le traitement des dépendances. Exception faite du Québec, les procédures d’accréditation provinciales des établissements d’hébergement – inexistantes dans certaines provinces, soit dit en passant – n’imposent pas réellement de normes de soins.53 61 La plupart des provinces et territoires n’exigent ni formation ni certification des personnes qui fournissent des soins dans le cadre de programmes privés de traitement des dépendances.54 Il est donc peu surprenant d’apprendre que, selon une récente analyse de la situation, les établissements de traitement en hébergement sont généralement autorisés à mener leurs activités sans réel contrôle de la qualité ni surveillance gouvernementale.55
Les mécanismes de responsabilisation des fournisseurs sont limités en partie parce qu’il n’y a pas d’intervention du gouvernement lorsque des pratiques cliniques douteuses sont employées. De plus, les établissements d’hébergement ne sont pas tenus d’assurer le suivi des résultats chez les personnes qui y ont séjourné ni de rendre publics les signalements de mauvais traitements ou de décès, ce qui limite les moyens fiables d’évaluer les antécédents et la qualité des services offerts. Ce contexte où la surveillance et la responsabilisation réglementaire sont généralement limitées, voire inexistantes a de quoi inquiéter, car il ouvre la porte aux mauvais traitements à l’endroit de personnes qui ont besoin d’aide.56 Les signalements de mauvais traitements et de préjudices dans les centres de traitement sont chose fréquente et, malheureusement, ne font souvent surface qu’après une dénonciation aux médias.57 Ces situations seraient inacceptables dans tout autre volet du système de soins de santé.
En outre, dans un contexte politique où le traitement est devenu la « solution » par défaut à la crise des drogues non réglementées, l’industrie du traitement des dépendances détient énormément de pouvoir et d’influence politiques. En plus de la perception culturelle du traitement des dépendances comme étant moralement inattaquable, ce pouvoir politique a instauré un climat où il est tabou de critiquer ou de remettre en question les méthodes de traitement, même dans les cas d’échecs évidents ou de manque flagrant de preuves d’efficacité. Plus précisément, les établissements de traitement en hébergement exigent encore majoritairement l’abstinence.58 67 Cette approche décuple le risque de surdose pour les personnes qui suivent un traitement et qui retournent ensuite vers le marché des drogues non réglementées et imprévisibles alors que leur tolérance a diminué.68 Dans le même ordre d’idées, le traitement des dépendances est en grande partie ancré dans l’idéologie des douze étapes et traditions des Alcooliques anonymes (AA).59 Nous croyons que ces processus sont bénéfiques pour certaines personnes, qui en retirent du positif et qui y trouvent un sens personnel. Cela dit, les analyses scientifiques de l’efficacité de ces programmes sont entachées par des difficultés méthodologiques et demeurent peu concluantes pour les personnes qui consomment des substances criminalisées 70 60 61 En outre, bien des gens disent se sentir limités par la rigidité, le dogmatisme et l’aspect religieux implicite ou explicite de ces programmes, ainsi que par leur définition étroite de la « réussite » lorsque l’abstinence est obligatoire.62 63 75 Il est donc alarmant que les douze étapes soient encore le mode de traitement des dépendances par défaut et que ces critiques légitimes soient balayées du revers de la main, chose qui serait inenvisageable dans d’autres contextes de services ou de soins de santé.
Ainsi, l’amélioration de l’accès doit aller de pair avec une amélioration équivalente de la qualité des services, lesquels doivent être fournis dans le respect de normes et de pratiques exemplaires établies au moyen d’évaluations empiriques rigoureuses. Les modalités offertes doivent se baser sur les données actuelles, qui montrent que les traitements les plus efficaces sont flexibles, dirigés par la personne (« soins axés sur les patient·e·s ») et accompagnés d’un accès à des soins de première ligne et à du soutien matériel, notamment un logement stable.76 77 64 Dans ce contexte, une approche en douze étapes pourrait être proposée comme composante facultative d’un programme de traitement holistique fondé sur des données probantes. Nous recommandons aussi que le financement public des services de traitement dépende d’une évaluation indépendante périodique concernant le respect de la réglementation, des normes de soins et des droits des patients. Enfin, nous recommandons la création de bases de données provinciales centralisées recensant tous les services de traitement, de même que la mise en place de mécanismes uniformisés et transparents pour le suivi des résultats.65
Adaptation culturelle
Nous réclamons des services de traitement fondés sur des données probantes, mais ce faisant, nous prenons soin de ne pas déterminer nous-mêmes en quoi consisteraient ces données. Trop souvent, les expert·e·s en sciences et en médecine prescrivent de façon abusive des solutions aux dépendances qui ne tiennent compte ni des caractéristiques propres à diverses cultures ni des besoins individuels. Par exemple, nous prenons au sérieux un enjeu soulevé par les peuples autochtones : les méthodes de traitement standard peuvent reproduire des schémas de violence coloniale en imposant les normes et les valeurs occidentales.80 Nous reconnaissons aussi que les approches classiques peuvent ne pas convenir aux personnes immigrantes ou réfugiées ou encore aux communautés culturelles qui arrivent au Canada avec leurs propres croyances.66 67 En plus de la stigmatisation et de la discrimination liées à la consommation, les personnes issues de ces groupes doivent composer avec la dépossession systématique, le déracinement et la dislocation sociale, qui posent d’importants obstacles à l’atteinte de la santé sociale et économique. 68 69 70 Pour être efficaces, les services de traitement des dépendances doivent donc être adaptés au contexte culturel ainsi qu’à la réalité et aux besoins de toute une diversité de personnes qui consomment, y compris les Autochtones, les personnes provenant de différents milieux culturels, ethniques ou géographiques et les minorités sexuelles et de genre.71
Dans le contexte du traitement des dépendances, la fourniture de services culturellement adaptés implique de favoriser les interventions communautaires et d’intégrer les facteurs culturels pertinents ainsi que les principes d’humilité et de sécurité culturelles dans la planification, la mise en œuvre et l’évaluationdes services de façon générale.72 Il s’agit aussi de s’éloigner des modèles occidentaux individualistes qui considèrent avant tout la santé comme l’absence de maladie.73 Pour les remplacer, il serait possible de mettre l’accent sur la sagesse et les points de vue traditionnels d’une communauté donnée. Par exemple, de nombreuses communautés autochtones adhèrent à une définition de la santé plus large que celle que prône le réseau de la santé en général. Cette définition élargie met l’accent sur le social et sur les liens qui unissent les personnes, les familles, les différentes structures de parenté et la nature.74 90 De plus en plus, on considère comme complémentaires dans le traitement certains éléments occidentaux et d’autres traditionnellement autochtones.75 92 Bien qu’il ne nous appartienne pas de décrire en détail ce que doivent comprendre les services culturellement adaptés, vu le grand éventail de variations possibles,nous croyons que les communautés devraient avoir les outils et les ressources nécessaires pour offrir toutes les étapes de traitement. En effet, les personnes membres de chaque communauté sont les mieux placées pour déterminer ce qui fonctionne pour elles. Dans le même ordre d’idées, les traitements culturellement adaptés devraient agir sur les facteurs de risque structurels, comme la pauvreté, la perte de logement et l’accès inéquitable aux services, et tenir compte des traumatismes passés ou actuels en lien avec l’identité culturelle ou l’appartenance ethnique qui nuisent à la santé.76
Participation volontaire
Le débat public entourant le traitement involontaire des dépendances prend de l’ampleur, et les figures politiques présentent de plus en plus l’élargissement de ces services comme une solution à divers enjeux sociaux. Lorsqu’on parle de traitement involontaire ou d’abstinence forcée, il peut s’agir de l’enfermement d’une personne dans un établissement sécurisé, sans son consentement. Il arrive que des personnes soient interpellées par les services policiers avant même qu’un avis médical, légal ou professionnel établisse qu’elles posent un risque pour elles-mêmes ou pour autrui. Elles ne sont libérées que lorsqu’elles ne sont plus considérées comme un danger. Cette forme de traitement involontaire peut donc être relativement brève (ex. : une nuit ou 72 heures), mais peut aussi s’étirer sur plusieurs mois, selon la situation de la personne et la capacité du réseau de soins de santé. Plus largement, le traitement involontaire peut aussi prendre la forme de restrictions ou d’exigences de comportement pendant que la personne poursuit sa vie dans la communauté, par exemple l’obligation de prendre certains médicaments.Des formes de traitement involontaire existent déjà dans toutes les provinces pour les personnes ayant un trouble de santé mentale.77 78 Le débat tourne actuellement beaucoup autour de la pression pour étendre le traitement involontaire aux personnes dont le seul diagnostic est un trouble lié à l’usage de substances.79 80 Cela dit, les personnes qui consomment des drogues sont souvent déjà soumises auxlois provinciales sur la santé mentale, car ces lois ne distinguent pas clairement les concepts ou les comportements liés aux troubles de santé mentale de ceux qui ont trait à la consommation.
Nous ajoutons notre voix au nombre grandissant de celles qui expriment une grande inquiétude quant au traitement non volontaire des dépendances et aux justifications de son élargissement.81 Nous reconnaissons que certaines personnes disent avoir tiré avantage de traitements involontaires. Nous reconnaissons aussi la peur ressentie par bien des personnes, familles et communautés pour la sécurité de quelqu’un qui leur est cher, et la recherche désespérée de solutions qui s’ensuit, au milieu des options inadéquates qui sont actuellement offertes. Néanmoins, nous ne croyons pas que le recours généralisé au traitement sous contrainte réponde adéquatement à la situation actuelle.
Les circonstances restreintes qui pourraient justifier le recours limité au traitement sous contrainte ne légitiment pas l’utilisation généralisée de ce mode. Peu de résultats de recherche indiquent que le traitement involontaire des dépendances serait sûr ou efficace. 82 83 Certaines études montrent que la contrainte peut faire en sorte que des gens restent en traitement sur une plus longue période, mais rien ne prouve qu’ils en sortent plus en santé, plus heureux, plus stables ou moins dépendants aux drogues.84 102 85 Inversement, les données montrent plutôt un lien entre le traitement involontaire et le risque de surdose,mortelle ou non, après la sortie de traitement. 86 87 Beaucoup de personnes ayant subi un traitement contre leur gré y associent en outre un traumatisme persistant et subissent de graves violations en matière de santé et de sécurité, souvent parce que les mesures de prévention des mauvais traitements sont encore plus rares en contexte involontaire qu’en contexte volontaire.88 89 Qui plus est, la recherche indique que les personnes soumises à un traitement involontaire pourraient se montrer moins ouvertes à recourir à des services de santé volontaires par la suite, ce qui nuirait à la santé et aux conditions sociales sur les plans individuel et collectif.10890
Les responsables des politiques ont décidé de ne pas investir dans les services de traitement volontaires,fondés sur des données probantes et bien réglementés, et ont négligé leur obligation d’agir sur les déterminants structurels de la santé, comme le logement et la pauvreté. Dans le contexte actuel, qui découle de ces choix politiques, les gouvernements se permettent pourtant de présenter les services de traitement involontaires comme seule solution viable pour quiconque entretient une relation difficile avec la consommation, et plus particulièrement pour les personnes qui vivent en même temps dans une situation de pauvreté visible. Nos dirigeant·e·s dépeignent les enjeux structurels comme des problèmes individuels et mettent en place des mesures de traitement sous contrainte pour se débarrasser des campements de personnes en situation d’itinérance et cacher ces gens sans logement des yeux du public.91 Devant le manque d’options pour les personnes qui cherchent de l’aide, il n’est pas surprenant que plusieurs voient maintenant l’élargissement du traitement sous contrainte comme étant nécessaire, voire positif, malgré le manque de preuves étayant les programmes de ce genre.
Encore une fois, nous reconnaissons le vécu des personnes qui cherchent du soutien pour elles-mêmes ou pour leurs proches, et nous mettons l’accent sur la responsabilité des gouvernements de veiller à ce que ce soutien soit accessible. Cela dit, en l’absence d’investissements publics réfléchis et suffisants dans les services de traitement volontaires, réglementés et fondés sur des données probantes, d’une part, et dans les moyens d’améliorer les déterminants structurels et matériels de la santé, d’autre part, nous trouvons profondément injuste de favoriser l’élargissement généralisé des services de traitement involontaires.
Conclusion
L’offre de services de traitement des dépendances de qualité en contexte volontaire joue un rôle crucial dans le soutien aux personnes qui entretiennent un rapport difficile avec la consommation. Toutefois, ces services ne devraient pas être la première cible des politiques qui répondent aux problèmes sociaux engendrés par la pauvreté, l’insécurité résidentielle, la criminalisation et la discrimination systémique, ou encore à la crise meurtrière des drogues non réglementées. Les services de traitement inaccessibles, de faible qualité, culturellement inadaptés et contraignants ne répondent pas aux besoins des personnes qui sont censées en bénéficier.
Nous appelons tous les ordres de gouvernement à envisager autrement le traitement des dépendances,comme une composante d’une approche globale intégrée en matière de santé et d’équité sociale. Le système actuel exige des changements individuels sans pour autant agir sur les conditions de vie; pour mieux faire les choses, il faut cerner adéquatement les causes des problèmes sociaux et adopter une lunette plus large : nous devons cesser de rejeter la faute sur les individus et plutôt porter collectivement cette responsabilité. Il faut élargir l’offre de services accessibles, de qualité, culturellement adaptés,fournis sur une base volontaire et qui respectent les principes de l’universalité des soins de santé. Il faut aussi revisiter les politiques et les lois qui sont responsables d’une grande part des ravages liés aux drogues. C’est uniquement à partir de là que nous trouverons des solutions à la fois bienveillantes, justes et réellement efficaces.
- Association canadienne de santé publique. (2024). Cadre pour une démarche de santé publique à l’égard de l’usage de substances. https://www.cpha.ca/fr/cadre-pour-une-demarche-de-sante-publique-legard-de-lusage-de-substances#:~:text=L%E2%80%99usage%20de%20substances%20peut,bien%2D%C3%AAtre ↩︎
- Fraser, S. (2016). Articulating addiction in alcohol and other drug policy: A multiverse of habits. International Journal of Drug Policy, 31, 6-14. https://doi.org/10.1016/j.drugpo.2015.10.014 ↩︎
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- La vision des dépendances et de la consommation change selon la culture et le lieu. Pour un exemple qui s’éloigne des concepts occidentaux habituels, la Thunderbird Partnership Foundation offre des ressources sur la vision autochtone du mieux-être : https://thunderbirdpf.org/?resources=guide-de-reference-du-cadre-de-mieux-etre-autochtone&lang=fr ↩︎
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- Campbell, N. (2010). Toward a critical neuroscience of ‘addiction’. BioSocieties 5, 89–104. https://doi.org/10.1057/biosoc.2009.2 ↩︎
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- Nicholson, T., Duncan, D. F., & White, J. B. (2002). Is Recreational Drug Use Normal? Journal of Substance Use, 7(3), 116–123. https://doi.org/10.1080/14659890209169340 ↩︎
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acrefore/9780190632366.001.0001/acrefore-9780190632366-e-491 ↩︎ - Park, J. N., Rouhani, S., Beletsky, L., Vincent, L., Saloner, B., & Sherman, S. G. (2020). Situating the Continuum of Overdose Risk in the Social Determinants of Health: A New Conceptual Framework. The Milbank Quarterly, 98(3), 700–746. https://doi.org/10.1111/1468-0009.12470 ↩︎
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- Da Silveira, P. S., De Tostes, J. G. A., Wan, H. T., Ronzani, T. M., & Corrigan, P. W. (2018). The stigmatization of drug use as mechanism of legitimation of exclusion. In Springer eBooks (pp. 15–25). https://doi.org/10.1007/978-3-319-72446-1_2 ↩︎
- Friedman, S. R., Williams, L. D., Jordan, A. E., Walters, S., Perlman, D. C., Mateu-Gelabert, P., Nikolopoulos, G. K., Khan, M. R., Peprah, E., & Ezell, J. (2022). Toward a Theory of the Underpinnings and Vulnerabilities of Structural Racism: Looking Upstream from Disease Inequities among People Who Use Drugs. International Journal of Environmental Research and Public Health, 19(12), 7453. https://doi.org/10.3390/ijerph19127453 ↩︎
- Maynard, R. (2017). NoirEs sous surveillance. Esclavage, répression et violence d’État au Canada. Mémoire d’encrier. https://memoiredencrier.com/catalogue/noires-sous-surveillance-esclavage-repression-et-violence-detat-au-canada/ ↩︎
- Bardwell, G., Mansoor, M., Van Zwietering, A., Cleveland, E., Snell, D., & Kerr, T. (2022). The “goldfish bowl”: a qualitative study of the effects of heightened surveillance on people who use drugs in a rural and coastal Canadian setting. Harm Reduction Journal, 19(1). https://doi.org/10.1186/s12954-022-00725-2 ↩︎
- Scher, B. (2020). Biopower, Disciplinary Power and Surveillance: An Ethnographic Analysis of the Lived Experience of People Who Use Drugs in Vancouver’s Downtown Eastside. Contemporary Drug Problems, 47(4), 286-301. https://doi.org/10.1177/0091450920955247 ↩︎
- Michaud, L., van der Meulen, E., & Guta, A. (2022). Between Care and Control: Examining Surveillance Practices in Harm Reduction. Contemporary Drug Problems, 50(1), 3-24. https://doi.org/10.1177/00914509221128598 ↩︎
- Ali, F., Russell, C., Torres-Salbach, S., Lo, M., Bonn, M., Bardwell, G., Budau, J., Hyshka, E., & Rehm, J. (2025). Experiences of stigmatization among people who use drugs in the initial year of British Columbia’s drug decriminalization policy: A qualitative study. International Journal of Drug Policy, 139, 104791. https://doi.org/10.1016/j.drugpo.2025.104791 ↩︎
- Speed, K.A., Gallant, K., Fleury, M. et al. Decriminalization undone: Assessing the amendment to British Columbia’s decriminalization of personal drug possession framework. Can J Public Health (2025). https://doi.org/10.17269/s41997-025-01012-w ↩︎
- Challand, A. (2025). From Harm Reduction to Forced Treatment: Neoliberal Governmental Discourse and the Decline of Alberta’s Supervised Consumption Sites. Canadian Journal for the Academic Mind, 2(2), 3–38. https://doi.org/10.25071/2817-5344/94 ↩︎
- Voir par exemple : Ministère de la Sécurité publique et Solliciteur général de la Colombie-Britannique. (2024, 19 décembre). Déclaration du ministre sur la loi interdisant l’usage de drogues dans les lieux publics [communiqué de presse]. https://bcgovnews-etg7c8etapa6btfr.z03.azurefd.net/translations/releases/2024PSSG0093-001673/PublicDrugUse_French.pdf
La politique de décriminalisation de la Colombie-Britannique a été modifiée sans que soit prise en compte la hausse importante de l’itinérance partout dans la province. Par exemple, selon le dénombrement des personnes en situation d’itinérance de 2023, la région de Vancouver compte 4 821 personnes dans cette situation, soit 32 % de plus qu’en 2020. Voir : Homelessness Services Association of BC; Caspersen, J., D’Souza, S. et Lupick, D. (2024). 2023 Report on Homeless Counts in B.C. Préparé pour BC Housing, Burnaby, Colombie-Britannique.https://www.bchousing.org/research-centre/housing-data/homeless-counts https://www.bchousing.org/research-centre/housing-data/homeless-counts ↩︎ - BC Housing. (s.d.). Homeless counts. BC Housing. Consulté le 24 décembre 2025 :https://www.bchousing.org/research-centre/housing-data/homeless-counts ↩︎
- Voir par exemple : Province de la Colombie-Britannique. (2025, 24 novembre). La Province prend des mesures pour renforcer les soins sous contrainte et améliorer la prise en charge des patients. Service de nouvelles du gouvernement de la Colombie-Britannique. https://bcgovnews-etg7c8etapa6btfr.z03.azurefd.net/translations/releases/2025HLTH0055-001158/StrengthenInvoluntaryCare_French.pdf; Gouvernement de l’Alberta. (2025, 16 mai). Providing life-saving treatment for substance abuse and addiction. https://www.alberta.ca/providing-life-saving-treatment-for-substance-abuse-and-addiction; Province du Manitoba. (2025). Le gouvernement du Manitoba adopte un projet de loi axé sur la crise des méthamphétamines [communiqué de presse]. Service de nouvelles du gouvernement du Manitoba.https://news.gov.mb.ca/news/index.fr.html?item=71417 ↩︎
- Bacchi, C. (2012). Introducing the ‘What’s the Problem Represented to be?’ approach. In A. Bletsas & C. Beasley (Eds.), Engaging with Carol Bacchi: Strategic Interventions and Exchanges (pp. 21–24). chapter, The University of Adelaide Press. DOI: https://doi.org/10.1017/UPO9780987171856.003 ↩︎
- Pour une analyse du traitement des dépendances fondée sur les droits de la personne, voir : Réseau juridique VIH. (2007). “Dependent on Rights: Assessing Treatment of Drug Dependence from a Human Rights Perspective”. https://www.hivlegalnetwork.ca/site/dependent-on-rights-assessing-treatment-of-drug-dependence-from-a-human-rights-perspective/?lang=fr ↩︎
- Craig, M. et Notarandrea, R. (2023). La responsabilisation pour des services sûrs et de qualité en traitement de la dépendance avec hébergement [rapport]. Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances. https://www.ccsa.ca/sites/default/files/2023-05/Accountability-in-Bed-Based-Addiction-Treatment-fr.pdf ↩︎
- Craig, M. et Notarandrea, R. (2023). La responsabilisation pour des services sûrs et de qualité en traitement de la dépendance avec hébergement [rapport]. Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances.https://www.ccsa.ca/sites/default/files/2023-05/Accountability-in-Bed-Based-Addiction-Treatment-fr.pdf https://www.ccsa.ca/sites/default/files/2023-05/Accountability-in-Bed-Based-Addiction-Treatment.pdf ↩︎
- Chan, S., Markoulakis, R., & Levitt, A. (2023). Predictors of barriers to accessing youth mental health and/or addiction care. Journal of the Canadian Academy of Child and Adolescent Psychiatry = Journal de l’Academiecanadienne de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, 32(1), 27–37.https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36776928/ ↩︎
- Ganesan, K., Matte, A.-R., Williams, A. R., Wilkie, J., Chan, C., & O’Connor, K. (2025). Unlocking solutions: Understanding and addressing Ontario’s mental health and addictions supportive housing needs (Report). Addictions and Mental Health Ontario. https://amho.ca/wp-content/uploads/2025/03/Unlocking-Solutions_Understanding-and-Addressing-Ontarios-Mental-Health-and-Addictions-Supportive-Housing-Needs-AMHO2025.pdf ↩︎
- Ali, F., Law, J., Russell, C., Bozinoff, N., & Rush, B. (2023). An environmental scan of residential treatment service provision in Ontario. Substance abuse treatment, prevention, and policy, 18(1), 73. https://doi.org/10.1186/s13011-023-00586-3 ↩︎
- Pijl, E.M., Alraja, A., Duff, E. et al. (2022). Barriers and facilitators to opioid agonist therapy in rural and remote communities in Canada: an integrative review. Subst Abuse Treat Prev Policy 17, 62. https://doi.org/10.1186/s13011-022-00463-5 ↩︎
- Palad, V., & Snyder, J. (2019). “We don’t want him worrying about how he will pay to save his life”: Using medical crowdfunding to explore lived experiences with addiction services in Canada. International Journal of Drug Policy, 65, 73–77. https://doi.org/10.1016/j.drugpo.2018.12.016
↩︎ - Hamilton, C. (2017, November 13). Wait times for addictions treatment can mean ‘life and death,’ conference hears. CBC News. https://www.cbc.ca/news/canada/saskatoon/wait-times-for-addictions-treatment-can-mean-life-and-death-1.4400572 ↩︎
- Gouvernement du Québec. (2025). Règlement sur la certification des ressources communautaires ou privées offrant de l’hébergement en dépendance (R.L.R.Q., c. S-4.2, r. 0.1). Éditeur officiel du Québec. https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/document/rc/S-4.2,%20r.%200.1?&langCont=fr ↩︎
- D’Souza, S., Ellenwood, L., & MathieuLéger, L. (2025, October 24). ‘No one was getting any better’: When private addiction treatment centres put patients in danger. CBC News. https://www.cbc.ca/news/canada/private-addiction-treatment-centres-unregulated-danger9.6948952 ↩︎
- Livingston, J. D. (2021). Un cadre pour évaluer la stigmatisation structurelle dans le contexte des soins de santé pour les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale et de consommation de substances.Commission de la santé mentale du Canada. https://www.mentalhealthcommission.ca/wp-content/uploads/drupal/2021-05/Structural_Stigma_Assessment_Report_fr.pdf ↩︎
- Voir articles dans les médias :
Little, S. et Ke, G. (2025, 25 mars). Operators of shuttered B.C. drug treatment facility speak out. Global News. https://globalnews.ca/news/11097945/volken-academy-responds-allegations-treatment/;
D’Souza, S. et MacLeod, M. (2025, 13 novembre). Former recovery home employee convicted of sexual assault in B.C. CBC News. https://www.cbc.ca/news/canada/british-columbia/former-recovery-home-employee-convicted-sexual-assault-1.7470473;
Donovan, K. (2024, 20 décembre). Fake nurses, no doctor on site, staff who like to party: The inside story of this ‘luxury’ Muskoka addiction rehab. Toronto Star.https://www.thestar.com/news/investigations/fake-nurses-no-doctor-on-site-staff-who-like-to-party-the-inside-story-of/article_0935dfbe-a5c3-11ef-8f1b-6b076957f907.html ↩︎ - Wood, G. (2025, February 15). B.C. drug rehab facility faces closure over abuse, safety violation allegations. Business in Vancouver. https://www.biv.com/news/economy-law-politics/bc-drug-rehab-facility-faces-closure-over-abuse-safety-violation-allegations-10237731 ↩︎
- Bartram M. (2021). ‘It’s Really About Wellbeing’: a Canadian Investigation of Harm Reduction as a Bridge Between Mental Health and Addiction Recovery. International journal of mental health and addiction, 19(5), 1497–1510. https://doi.org/10.1007/s11469-020-00239-7 ↩︎
- Fraser, S. (2016). Articulating addiction in alcohol and other drug policy: A multiverse of habits. International Journal of Drug Policy, 31, 6–14. https://doi.org/10.1016/j.drugpo.2015.10.014 ↩︎
- Witbrodt, J., Mertens, J., Kaskutas, L. A., Bond, J., Chi, F., & Weisner, C. (2012). Do 12-step meeting attendance trajectories over 9 years predict abstinence?. Journal of substance abuse treatment, 43(1), 30–43. https://doi.org/10.1016/j.jsat.2011.10.004 ↩︎
- Kelly, J. F. (2003). Selfhelp for substanceuse disorders: History, effectiveness, knowledge gaps, and research opportunities. Clinical Psychology Review, 23(5), 639–663. https://doi.org/10.1016/S0272-7358(03)00053-9 ↩︎
- Ross, C. A., Jakubec, S. L., Berry, N. S., & Smye, V. (2020). The business of managing nurses’ substanceuse problems. Nursing Inquiry, 27, Article e12324. https://doi.org/10.1111/nin.12324 ↩︎
- Mendola, A., & Gibson, R. L. (2016). Addiction, 12step programs, and evidentiary standards for ethically and clinically sound treatment recommendations: What should clinicians do? AMA Journal of Ethics, 18(6), 646–655. https://doi.org/10.1001/journalofethics.2016.18.6.sect1-1606 ↩︎
- Ali, F., Law, J., Russell, C., Bozinoff, N., & Rush, B. (2023). An environmental scan of residential treatment service provision in Ontario. Substance abuse treatment, prevention, and policy, 18(1), 73. https://doi.org/10.1186/s13011-023-00586-3 ↩︎
- Pour découvrir d’autres recommandations connexes émanant d’un groupe de travail provincial formé d’organismes de la société civile et de personnes qui consomment des drogues, voir : Coalition canadienne des politiques sur les drogues. (2024). Pour mettre fin à une crise : une vision pour la politique en matière de drogues en Colombie-Britannique [document de politique]. Coalition canadienne des politiques sur les drogues. https://drugpolicy.ca/our-work/visionforbcdrugpolicy ↩︎
- Lavalley, J., Kastor, S., Tourangeau, M., Goodman, A., & Kerr, T. (2020). You just have to have other models,our DNA is different: the experiences of indigenous people who use illicit drugs and/or alcohol accessing substance use treatment. Harm Reduction Journal, 17(1). https://doi.org/10.1186/s12954-020-00366-3 ↩︎
- Douglass, C. H., Win, T. M., Goutzamanis, S., et al. (2023). Stigma associated with alcohol and other drug use among people from migrant and ethnic minority groups: Results from a systematic review of qualitative studies. Journal of Immigrant and Minority Health, 25(6), 1402–1425. https://doi.org/10.1007/s10903-023-01468-3 ↩︎
- Halseth, R. et Murdock, L. (2020). Appuyer l’autodétermination des peoples autochtones en matière de santé :Leçons tirées d’un examen des pratiques exemplaires en matière de gouvernance de la santé au Canada et dans le monde. Centre de collaboration nationale de la santé autochtone.
https://www.nccih.ca/Publications/Lists/Publications/
https://www.nccih.ca/Publications/Lists/Publications/Attachments/317/
Ind-Self-Determine-Halseth-Murdoch-LC-2023-06-08-VS-FR-003-WEB.pdf ↩︎ - Josewski, V. (2023). Faciliter l’accès des Autochtones âgés aux services et soutiens de santé mentale et de traitement des toxicomanies en se fondant sur la sécurité culturelle et l’équité. Centre de collaboration nationale de la santé autochtone. https://www.nccih.ca/Publications/Lists
Publications/Attachments/10405/
Improving-access-mental-health-addictions-services-FR-web.pdf ↩︎ - Lavalley, J., Steinhauer, L., Bundy, D. B., Kerr, T., & McNeil, R. (2024). “They talk about it like it’s an overdose crisis when in fact it’s basically genocide”: The experiences of Indigenous peoples who use illicit drugs in Vancouver’s Downtown Eastside neighbourhood. International Journal of Drug Policy, 134, 104631. https://doi.org/10.1016/j.drugpo.2024.104631 ↩︎
- Elliott, R. (2023). Connexion, soins, communauté : Renforcer la réduction des méfaits pour les personnes GBT2Q qui utilisent des drogues au Canada – Rapport sommaire. Réseau juridique VIH. https://www.hivlegalnetwork.ca/site/connection-care-community/?lang=fr ↩︎
- Richer, A., & Roddy, A. L. (2022). Opioid use in indigenous populations: indigenous perspectives and directions in culturally responsive care. Journal of Social Work Practice in the Addictions, 22(3), 255–263. https://doi.org/10.1080/1533256x.2022.2049161 ↩︎
- LaVallie, C., & Sasakamoose, J. (2021). Promoting indigenous cultural responsivity in addiction treatment work: the call for neurodecolonization policy and practice. Journal of Ethnicity in Substance Abuse, 22(3), 477–499. https://doi.org/10.1080/15332640.2021.1956392 ↩︎
- Assemblée des Premières Nations (APN) et Santé Canada. (2015). Cadre du continuum du mieux-être mental des Premières Nations. https://thunderbirdpf.org/wp-content/uploads/2023/05/FNMWC-Full_FR_WEB2023frameworks.pdf (2015). First Nations mental wellness continuum framework. https://thunderbirdpf.org/wp-content/uploads/2015/01/24-14-1273-FN-Mental-Wellness-Framework-EN05_low.pdf ↩︎
- Hall, L. (2015). Two-Eyed seeing in Indigenous Addiction Research and Treatment. Dans Routledge eBooks (pp. 91–98). https://doi.org/10.4324/9781315738086-12 ↩︎
- Gone, J. P., Hartmann, W. E., Pomerville, A., Wendt, D. C., Klem, S. H., & Burrage, R. L. (2019). The impact of historical trauma on health outcomes for indigenous populations in the USA and Canada: A systematic review. The American psychologist, 74(1), 20–35. https://doi.org/10.1037/amp0000338 ↩︎
- O’Reilly, R. L., & Gray, J. E. (2014). Canada’s mental health legislation. International psychiatry : bulletin of the Board of International Affairs of the Royal College of Psychiatrists, 11(3), 65–67.https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC6735142/ ↩︎
- Fischer B, Hall W, Jutras-Aswad D, Le Foll B. Involuntary Treatment for Severe Substance Use Disorders – Issues, Evidence and Considerations for its Use. The Canadian Journal of Psychiatry. 2025;0(0). https://doi.org/10.1177/07067437251338553 ↩︎
- Loyal, J. P., Lavergne, M. R., Shirmaleki, M., et al. (2022). Trends in involuntary psychiatric hospitalization in British Columbia: Descriptive analysis of population-based linked administrative data from 2008 to 2018. The Canadian Journal of Psychiatry, 68(4), 257–268. https://doi.org/10.1177/07067437221128477 ↩︎
- Chau, L. W., Erickson, M., Vigo, D., Lou, H., Pakhomova, T., Winston, M. L., MacPherson, D., Thomson, E., & Small, W. (2021). The perspectives of people who use drugs regarding short term involuntary substance use care for severe substance use disorders. International Journal of Drug Policy, 97, 103208. https://doi.org/10.1016/j.drugpo.2021.103208 ↩︎
- Voir par exemple :
Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances. (2025). Traitement involontaire du trouble lié à l’usage de substances grave : Résumé des données probantes. [PDF]. https://www.ccsa.ca/sites/default/files/2025-02/Involuntary-Treatment-Evidence-Brief-fr.pdf;
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