Category: Harm Reduction

  • Le temps est venu de repenser notre approche en ce qui concerne la consommation de drogues en milieu carcéral

    Le temps est venu de repenser notre approche en ce qui concerne la consommation de drogues en milieu carcéral

    Il s’agit du troisième d’une série de trois articles consacrés à l’importance d’envisager une réforme des politiques et programmes en vigueur dans les prisons canadiennes. Vous pouvez consulter le premier article ici et le deuxième article ici.

    Dans cette série d’articles, j’ai remis en cause l’efficacité des mesures de contrôle des stupéfiants en milieu carcéral et soulevé un certain nombre de questions en ce qui concernel’accès aux médicaments dans les établissements du Service correctionnel du Canada (SCC). Sous le gouvernement actuel, qui se veut déterminé à s’attaquer à la criminalité,la population carcérale augmente et la majorité des détenus déclare être aux prises avec des problèmes de toxicomanie. Face à cette réalité, il importe de se demander si les détenus font l’objet d’interventions, en matière de consommation de drogues, qui améliorent leur état de santé et leur bien-être, et facilitent leur réintégration dans la société ?

    Pour les personnes désireuses de réduire ou d’éliminer leur consommation d’alcool ou de drogues, les traitements de la toxicomanie peuvent avoir un impact positif. Au fil des années, le SCC a élaboré plusieurs programmes ciblant la consommation de drogues en milieu carcéral (p. ex. les programmes d’intensité moyenne et élevée) et déclare avoir enregistré des succès aussi bien en milieu institutionnel que suite à la libération. Les Lignes directrices nationales du SCC relatives à l’aiguillage vers les programmes correctionnels stipulent que les plans correctionnels doivent permettre aux prisonniers de participer ‘le plus tôt possible’ aux programmes de lutte contre la consommation abusive de drogues. Cependant, plusieurs détenus, y compris ceux aux prises avec de graves problèmes de toxicomanie, se retrouvent sur de longues listes d’attente.
    De nombreux obstacles s’opposent à la prestation efficace et en temps opportun de traitements contre la toxicomanie en milieu carcéral. Les prisons constituent, de par leur conception, un milieu difficile pour les programmes de réadaptation. Les gens ne s’y trouvent pas volontairement. Les impératifs de sécurité dictent les procédures opérationnelles (p. ex. l’isolement cellulaire), ainsi que l’attitude adoptée par le personnel correctionnel et les employés des programmes. Il y a considérablement plus d’argent alloué à l’infrastructure de sécurité qu’aux programmes, et le financement des programmes est davantage susceptible de subir des coupures budgétaires. Par exemple, l’ombudsman des Services correctionnels du Canada a notéque l’investissement dans le programme du SCC dans le traitement d’entretien de la méthadone, un traitement efficace de substitution aux opiacés, devait être réduit en 2014/15. Comme les populations carcérales continuent de croître et le financement public se raréfie, le surpeuplement qui en découle (p. ex. la double occupation des cellules, le manque d’espace pour les programmes) et les problèmes de ressources (p. ex. le manque de personnel qualifié pour satisfaire à la demande du programme) auront une incidence sur l’accessibilité et la qualité des programmes.

    Un autre aspect problématique est la hiérarchisation des candidats éligibles aux programmes de traitement de la toxicomanie. Les anciens membres du personnel correctionnel expliquent que la durée des peines et les dates d’admissibilité à la mise en liberté sont souvent utilisées pour déterminer qui aura d’abord accès aux programmes. Les individus purgeant des peines plus courtes (p. ex. quatre ans ou moins) voient s’accélérer le plan d’exécution de leur peine. Inversement, ceux qui purgent des peines plus longues, peu importe leurs antécédents personnels, sont parfois dépriorisés, ou ne sont retenus pour les programmes que plusieurs années plus tard. Cela aboutit à une situation incohérente. En outre, tout prisonnier présentant une demande de liberté conditionnelle sans avoir complété sa programmation désignée, est susceptible d’être jugé inadmissible ou sans fondement.

    L’absence d’accès en temps opportun aux traitements de la toxicomanie pourrait expliquer pourquoi certains détenus continuent à consommer de la drogue pendant leur incarcération. Les politiques de tolérance zéro dans les prisons fédérales rendent difficile l’institution de programmes de sensibilisation et de services de réduction des méfaits. J’ai déjà traité en détail des obstacles politiques et opérationnels, y compris la suppression d’éléments de preuve, qui empêchent la mise en oeuvre de certains programmes de réduction des méfaits, tels que les projets de tatouage sécuritaire et de distribution de seringues au Canada. De tels programmes ont vu le jour dans d’autres pays. Ici au Canada, des efforts plurilatéraux sont en cours pour renforcer l’appui apporté à la mise en oeuvre de programmes de distribution d’aiguilles et de seringues, en vue d’améliorer les services de santé offerts aux détenus.

    Il est essentiel de se rappeler que la plupart des détenus fédéraux sont éventuellement réintégrés à la collectivité. Pour les consommateurs de drogues, la période initiale suivant leur remise en liberté est reconnue comme un moment critique. Il est possible qu’ils réintègrent un réseau social qui encourage la consommation de drogues ou qu’ils recommencent à consommer des drogues qui augmentent leur risque de surdose. Au cours de cette période de transition, la continuité des soins (p. ex. l’établissement de liens entre les anciens détenus et les traitements communautaires de la toxicomanie et les services de réduction des méfaits) est un autre domaine auquel il faudrait apporter d’importantes améliorations. Aussi est-il d’autant plus important que les toxicomanes puissent bénéficier de programmes et de services de traitement de qualité qui les aident à accroître leur sécurité pendant leur incarcération. Si nous ne parvenons pas à relever ces défis, les mesures que nous prenons sont insuffisantes et arrivent trop tard.

  • Why Canada is no longer a leader in global drug policy

    Why Canada is no longer a leader in global drug policy

    Co-authored with Jenna Valleriani, director of Canadian Students for Sensible Drug Policy.

    This op-ed first appeared in the Globe and Mail, Feb. 27, 2015

    Prime Minister Stephen Harper’s statement about the failures of our existing drug policy is mostly on point. It’s just the last bit he gets wrong: “I think what everyone believes and agrees with, and to be frank myself, is that the current approach is not working, but it is not clear what we should do.”

    He’s wrong, because we know what we should do: Supervised injection sites; prescription heroin; medical cannabis dispensaries; crack pipe distribution; drug testing kits; Naloxone for reversing opioid overdose.

    We know these innovative health services reduce the harms of drugs and save lives, and we all agree “the current approach is not working.” And yet, access to these important innovations is unequal across Canada because of a lack of leadership at the federal level, and a failure to collaborate across all jurisdictions – local, provincial, national and international.

    We don’t need to look far to start. Vancouver is known internationally for its innovation in drug policy reform – it houses North America’s first supervised injection site and prescription heroin program, and has recently seen a proliferation of medical cannabis dispensaries. The city’s drug policy is based on an evidence-based four pillar approach: harm reduction, prevention, treatment and enforcement. This approach has been adopted around the world, but also here in Canada, officially forming the basis for the Toronto’s drug strategy.

    Unfortunately, the federal government is out of step with international dialogue and doesn’t believe in the four pillars – it dropped harm reduction in 2007 when it changed the National Drug Strategy to the National Anti-Drug Strategy. While countries like Portugal have moved towards decriminalization and a more health-focussed approach, Canada has instead pursued a more punitive, conventional “war on drugs” approach – epitomized by the introduction of mandatory minimum sentencing for low level drug offenses. Recently Health Canada spent $7-million of our precious tax dollars on a fear-based anti-cannabis ad blitz that the country’s top physician groups suggested was politically motivated.

    The lack of vision at the top means that in a country known internationally for its innovation in harm reduction, many of our best public health interventions only exist in isolated local cases. This is not entirely unexpected. The story of drug policy reform is often one of grassroots change lead by users, local authorities, politicians, drug policy experts, service workers, and organizations. In Europe, for example, cannabis social clubs are driving much of the pressure for cannabis reform. Harm reduction services in countries like Germany, Switzerland, and the Netherlands started as trials in innovative cities before being scaled up nationally.

    In Canada, this bottom-up drive for change is exemplified by the current explosion of medical cannabis dispensaries in Vancouver. Dispensaries have always operated outside the federal access program, in a type of quasi-legal status, or as an act of ‘civil disobedience.’ But the city’s recent explosion of these storefronts has underscored the disconnect between local and national. Although the federal government projects a $1-billion free market medical cannabis industry in the future, currently it’s a notoriously slow, selective, bureaucratic process with little approvals and many rejections.

    The result is a void that “unofficial” dispensaries have been happy to fill. One Vancouver city councillor recently pegged the number of dispensaries at 61. Because of shifting of cultural norms around the acceptance of cannabis – polling shows that Canadian attitudes on cannabis are well ahead of the laws – the city and the police aren’t entirely sure what to do. But they are on record saying they will not bother dispensaries that follow best practice dispensing.

    This is fine for Vancouver, but we need a comprehensive national drug policy, so that essential healthcare innovations like medical cannabis – and prescription heroin, harm reduction kits, and product testing – are available consistently, throughout the country.

    Instead, Canada heads backwards, no longer an international drug policy leader, and our reputation on the international stage suffers for it. Innovation at the municipal level is essential, but it needs to be backed by federal support. Canada needs to stop criminalizing people and instead address the health needs of Canadians. The current approach is not working.

  • Le contexte entourant l’application des lois antidrogues dans les prisons fédérales canadiennes

    Le contexte entourant l’application des lois antidrogues dans les prisons fédérales canadiennes

    Voici le premier d’une série de trois articles consacrés à l’importance d’envisager une réforme des politiques et programmes en vigueur dans les prisons canadiennes.

    Au cours des dernières années, le Service Correctionnel du Canada (SCC) a intensifié ses efforts visant à empêcher l’introduction de drogues dans les prisons. Néanmoins, la priorité accordée à la détection des drogues et à l’application des lois antidrogues en milieu carcéral semble être à l’origine de plusieurs problèmes.

    Pour certains, une peine d’emprisonnement constitue en effet une chance de se « désintoxiquer ».  Cependant, l’idée qu’une prison offre un endroit sûr et libre de drogues pour tous est fondée sur des hypothèses erronées au sujet de la réduction de la demande et de l’offre de stupéfiants en milieu carcéral. Dans le cadre de mes recherches, j’ai découvert qu’en dépit d’un financement considérable et de l’application accrue de lois antidrogues dans les prisons, l’objectif de non-circulation de la drogue dans les prisons est encore loin de pouvoir se réaliser au Canada.

    En 2007, le SCC a mis en oeuvre son Programme de transformation qui inclut, dans le cadre de ses cinq domaines d’action prioritaire, « l’élimination des drogues en milieu carcéral ». L’année suivante, le système carcéral fédéral a bénéficié d’un investissement de120 millions de dollars échelonné sur cinq anspour intensifier sa stratégie antidrogues . Ce financement visait à améliorer les outils permettant de détecter, perturber et dissuader la consommation de drogues dans les prisons, tels que les tests de dépistage aléatoires de drogues dans l’urine, les agents de renseignement de sécurité, les chiens détecteurs de drogues et les scanneurs ioniques. Il s’agit là d’une trousse d’outils énorme et coûteuse, et nous ne disposons toujours pas de preuves certaines de son efficacité.

    Les avis demeurent partagés sur l’application des lois antidrogues et leur incidence en milieu carcéral. Certains observateurs bien renseignés, tels que les anciens agents correctionnels et les employés d’organismes communautaires offrant un soutien aux prisonniers, déclarent que le renforcement des mesures d’application des lois antidrogues a non seulement échoué à empêcher l’introduction de drogues dans les prisons, mais contribue au contraire à aggraver la situation. Les problèmes liés aux mesures d’application incluent les individus qui changent le type de drogue qu’ils consomment (qui passent p. ex. du cannabis aux opiacés) pour éviter d’être repérés, une recrudescence des comportements à risque, des tensions accrues, la violence liée au commerce de la drogue et une baisse du nombre de visiteurs.

    Les conséquences peuvent être immédiates ou se prolonger bien au delà de la peine d’emprisonnement. Par exemple, lorsque les prisonniers qui s’injectent des drogues partagent leurs aiguilles, ils risquent de contracter le VIH et l’hépatite C . Lorsque les familles, les amis, et les bénévoles se sentent marginalisés et accablés par des mesures de sécurité envahissantes, oulorsqu’on leur refuse l’accès en raison de renseignement potentiellement inexacts, ils visitent moins souvent, ou cessent tout simplement de visiter. Ceci affaiblit les rapports essentiels à la réinsertion fructueuse des détenus au moment de leur libération.

    Ces problèmes sont souvent réinterprétés ou rejetés par le SCC. Le SCC souligne plutôt l’augmentation du nombre de saisies de drogue et le nombre réduit de tests d’urine positifs et de refus, pour indiquer que les mesures d’application de la loi fonctionnent. Les visiteurs qui tournent le dos aux portes des prisons sont présentés comme éléments probants de l’efficacité des mesures visant à dissuader les détenteurs de stupéfiants. Bref, ces questions demeurent controversées. Mais il importe de souligner que le SCC, ainsi que les autres autorités pénitentiaires, ont tendance à blâmer les détenus et les visiteurs pour tous les problèmes liés à la drogue, sans égard à l’incidence de leur politique à tolérance zéro et à son application.

    Cette approche focalisée qui exclut les informations et les perspective divergentes rend difficile la tâche de réformer les approches et les pratiques courantes. Il y a quelques années, le Comité parlementaire permanent de la sécurité publique et nationale  a rassemblé un groupe varié d’intervenants et d’experts bien informés, dont des représentants du SCC, pour étudier le« problème accablant » des drogues et de l’alcool en milieu carcéral. Les témoins ont exprimé des « points de vue très divergents au sujet des politiques et des mesures prises par le SCC ». Certains ont même témoigné que l’application des lois antidrogues n’a pas réussi à éliminer les stupéfiants du milieu carcéral et contribue à compromettre la santé et la sûreté des détenus, du personnel pénitentiaire et des collectivités. En dépit de tout cela, le rapport final recommandait un investissement continu dans le renforcement des mesures d’application des lois antidrogues et s’obstinait à défendre son engagement envers « l’établissement de prisons sans drogues ». Autrement dit, il ne s’écartait pas du Programme de transformation. Les Canadiens devraient porter un regard critique sur de tels rapports et demander quels changements ont réellement été apportés.

    Le SCC administre un grand nombre de détenus dans des prisons implantées d’un bout à l’autre du Canada. Bien que nous préconisions une réforme des politiques sur les drogues hors du milieu carcéral, nous ne devons pas oublier les politiques et les programmes qui affectent les consommateurs de drogues purgeant une peine de ressort fédéral (y compris le nombre disproportionné de personnes autochtones). Une évaluation complète et bien conçue des mesures d’application des lois antidrogues en milieu carcéral se fait attendre depuis beaucoup trop longtemps. Et compte tenu de la consommation continue de drogues dans les prisons canadiennes, une évaluation réaliste des programmes appropriés de réduction des méfaits, tels que l’éducation à la consommation de drogues plus sécuritaire et les programmes de distribution de seringues, devraient également être une priorité.

  • Les politiciens d’un bout à l’autre du Canada souffrent d’un Abus de politique en matière de drogues

    Les politiciens d’un bout à l’autre du Canada souffrent d’un Abus de politique en matière de drogues

    Une nouvelle affection psychiatrique invalidante a été reconnue aujourd’hui par la Coalition canadienne des politiques sur les drogues. Malheureusement, plusieurs politiciens sont atteints de ce mal, que l’on a baptisé l’« Abus de politique en matière de drogues ».

    Vous avez sans aucun doute observé les symptômes. Ces politiciens qui résistent au changement et écartent les données probantes. Qui persistent à se montrer « sévères » et à envoyer un message répressif. Qui refusent d’examiner les différentes approches envisageables en ce qui concerne les politiques sur les drogues, malgré l’abondance de preuves démontrant les retombées physiques, psychologiques et sociales défavorables de notre approche actuelle envers les drogues, qui perdure depuis des décennies.

    Tels sont les symptômes de l’Abus de politique en matière de drogues. Et la CCPD a lancé une campagne pour sensibiliser les citoyens à cette maladie invalidante.

    Consultez le site Web de la campagne ici.

    La bonne nouvelle, c’est qu’il existe un traitement efficace pour ceux qui reconnaissent avoir un problème en ce sens. Il suffit de garder l’esprit ouvert et de reconnaitre que l’élaboration de politiques bien orientées, peu importe l’enjeu, nécessite un dialogue franc et ouvert, éclairé par des données probantes. Comme le fait que les services de réduction des risques et les interventions réglementaires améliorent l’espérance de vie et augmentent la probabilité que les consommateurs problématiques de drogues suivront un traitement. Et que le taux de consommation de drogue n’augmente pas dans les juridictions où les drogues ont été décriminalisées ou légalisées.

    Heureusement, certains individus de diverses allégeances politiques sont prêts à entamer le dialogue. Les parlementaires fédéraux en faveur de la légalisation du cannabis incluent non seulement le chef libéral Justin Trudeau, mais également le député conservateur Scott Reid et la leader adjointe du NPD, Libby Davies. Le NDP soutient la décriminalisation du cannabis depuis 40 ans, une politique officielle qui a été réaffirmée par le leader actuel du parti, Thomas Mulcair. Le Parti Vert d’Elizabeth May appuie la légalisation de la marijuana et désire engager une consultation publique au sujet de la décriminalisation de toutes les drogues illicites. De même, le député libéral de l’Ile du Prince Edouard, Wayne Easter, soutient que les sites d’injection supervisés sont nécessaires et appuie la mise en place d’un cadre réglementaire en ce qui concerne les drogues illicites, puisque « les lois actuelles en matière de drogues ne fonctionnent pas. »

    Au niveau provincial, la chef du parti Wildrose Alliance de l’Alberta, Danielle Smith, est en faveur de la décriminalisation du cannabis. En Colombie-Britannique, le succès d’Insite, le site d’injection supervisé de Vancouver, dans la prévention de la transmission du VIH et autres infections à diffusion hématogène, la réduction des risques de surdose et la mise en rapport des consommateurs de drogues avec les services appropriés.  Et les anciens procureurs généraux Kash Heed et Geoff Plant parlent ouvertement du besoin de réglementation en ce qui concerne le cannabis en Colombie-Britannique et au Canada.

    Au plan municipal, l’ancien maire de Vancouver Larry Campbell a fait campagne en préconisant la mise en place de sites d’injection supervisés et certains conseillers municipaux de Toronto ont exercé des pressions pour que de tels sites soient implantés dans leur ville. Huit maires de Colombie-Britannique, y compris celui de Vancouver, Gregor Robertson, ont réclamé l’élaboration de nouveaux règlements portant sur le cannabis au Canada. Le maire de Thunder Bay (et ancien officier de police), Keith Hobbs, en a fait de même.  Les conseillers et les maires ayant assisté à la convention de 2012 de l’Union des municipalités de la Colombie-Britannique ont adopté une résolution exigeant que les niveaux appropriés de gouvernement « décriminalisent la marijuana et établissent une politique de recherche, de fiscalité et de réglementation de la marijuana.

    À l’internationale, les politiciens européens appuient activement les efforts de réduction des risques et les dirigeants latino-américains exigent des alternatives à la criminalisation et aux actions strictement punitives ayant été mises en oeuvre au cours des 40 dernières années. L’Uruguay projette de légaliser la consommation adulte du cannabis. Plus près de chez nous, deux états américains (le Colorado et l’état de Washington) ont fait de même, par l’entremise de votes au scrutin adoptés grâce en partie à l’appui de certains hauts fonctionnaires. Il est certain que d’autres états en feront de même.

    L’idée est que les politiciens n’ont pas à souffrir d’Abus de politique en matière de drogues. Certaines juridictions explorent des solutions de rechange à la lutte contre la drogue. Le dialogue a été entamé.  Malheureusement, plusieurs politiciens canadiens craignent ce dialogue et ont du mal à envisager des approches différentes.

    Alors pour ceux qui s’en remettent à des théories dépassées, le temps est venu de discuter! Consultez le site Web de la campagne et signez l’engagement à communiquer avec vos représentants élus, s’ils souffrent d’un problème d’Abus de politique en matière de drogues. Le site de la campagne met à votre disposition des outils vous permettant de diffuser des messages Twitter aux chefs des partis politiques nationaux, dans le cadre d’un plus vaste dialogue visant à guérir ce mal dont souffre notre pays.

    Nous vous invitons donc à consulter les détails de la campagne, à visionner les vidéos et à passer le mot à vos amis.

  • Canada is ignoring easy, ways to prevent overdose deaths…

    Canada is ignoring easy, ways to prevent overdose deaths…

    This article first appeared as an op-ed in the National Post, October 22, 2014

    A particularly potent batch of heroin recently resulted in 31 overdoses at Vancouver’s Insite safe injection clinic. The facility proved its value yet again, as staff applied immediate treatment and ensured none of the victims died. But what about those who can’t access Insite? In 2013, 308 people died in British Columbia due to illicit drug overdoses, the majority of which were opioid-related.

    Canada-wide, we can only speculate about the total numbers because there is no national database tracking overdose deaths. But the numbers we do have, from a patchwork of provincial data and news reports, tell us that far too many Canadians are dying from an entirely preventable phenomenon. And not preventable in the sense of “well, if people didn’t use drugs, there wouldn’t be overdoses.” While that’s essentially true, we know people will use drugs. One hundred years of prohibition hasn’t stopped that.

    No, these deaths are preventable thanks to easy-to-implement, non-controversial policy changes at our disposal.

    The most pragmatic and immediately effective remedy would be to improve access to naloxone, a 40-year old medication that, when administered during an opioid overdose, reverses the effects of the drug. It has no narcotic effect and people cannot become dependent on it.

    Currently, naloxone is used predominantly by ambulance and medical staff — like those at Insite — but we could save countless more lives if it were available to those most likely to be with someone experiencing an overdose. Eighty-five percent overdoses occur in the presence of others, often in the home. For this reason, naloxone should be included in provincial drug plans and made available over the counter.

    In addition, we should scale up existing “take-away naloxone programs” to increase the distribution of overdose response kits among people trained to prevent, recognize and respond to overdoses. Streetworks in Edmonton pioneered this programming in Canada, and similar initiatives have spread throughout the country. The most robust program — Take-Home Naloxone (THN) — was established at the B.C. Centre for Disease Control in 2012. THN operates in 51 sites, from large urban hubs like Vancouver and Surrey, to smaller rural centres such as Cranbrook, Campbell River and Fort St. John. More than 2,200 people have been trained, including staff and volunteers at health and social service agencies, as well as friends and family members of people who use drugs. THN has dispensed more than 1,200 kits, and 125 overdoses have been reversed.

    Clearly naloxone is a life-saver, but reducing barriers to its access and providing training are just part of a comprehensive overdose response. We also need to immediately implement appropriate guidelines for opioid prescriptions, improve national data collection on overdose events, and reduce barriers to calling 911 during a drug overdose. Again, most overdoses occur in the presence of other people. Though witnesses to heart attacks rarely hesitate to call 911, witnesses to an overdose often lose precious minutes wavering over whether to call for help — if they make the call at all. They may fear arrest, the loss of custody of children, or judgment from friends and family.

    This would be resolved by the passage of Canadian 911 Good Samaritan legislation — so called because it provides protection from arrest and prosecution for drug possession if the evidence is obtained as a result of the person calling 911. In the last four years, 11 U.S. states have passed some form of this legislation, often with bipartisan and near-unanimous support.

    Such legislation recognizes that accidental drug overdose is a health issue that doesn’t merit attention from the criminal justice system. Indeed, public health imperatives should drive all policy relating to overdose response.

    While much of the responsibility for this issue rests at the local and provincial level, ultimately the federal government plays an important leadership role in setting the overall tone and guiding any national strategy. At the 2012 annual meetings of the United Nations Commission on Narcotic Drugs, delegates passed a resolution recommending that member states include effective elements for the prevention and treatment of overdose in national drug policies, including the use of naloxone. Although the Canadian delegation supported this resolution, and despite the simplicity of implementing such programs and policies, to date the government has not acted on this matter. It’s time for that to change.

  • Prendre le contrôle : sur la voie de politiques efficaces en matière de drogues

    Prendre le contrôle : sur la voie de politiques efficaces en matière de drogues

    Aujourd’hui, la Commission globale de politique en matière de drogues a publié le rapport Prendre le contrôle : sur la voie de politiques efficaces en matière de drogues. Le rapport demande aux gouvernements de réorienter les politiques mondiales sur les drogues, de prendre certaines mesures immédiates pour résoudre les problèmes liés aux drogues, et de ne pas reculer devant le potentiel de transformation d’une réglementation responsable comme solution à plus long terme. Les recommandations surviennent au moment où de plus en plus de gouvernements reconnaissent que l’approche traditionnelle de la « guerre aux drogues » a échoué, et que de nouvelles approches sont nécessaires. Reconnaissant ces faits, l’Assemblée générale des Nations Unies a convoqué une session extraordinaire (SEAGNU) sur les drogues en 2016 afin de discuter de solutions au problème mondial des drogues. Lors de la SEAGNU et à d’autres assemblées diplomatiques, le rapport invite les délégués de l’ONU à garder à l’esprit le mandat des Nations Unies, assurer la sécurité, les droits de l’homme et le développement.

    Les membres de la Commission sont notamment l’ancien président du Brésil, Fernando Henrique Cardoso, l’ancien président du Mexique, Ernesto Zedillo, l’ancien président de la Colombie, César Gaviria, l’ancienne présidente de la Suisse, Ruth Dreifuss, Richard Branson et d’autres. Dans le cadre du lancement, les commissaires vont rencontrer le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, et le secrétaire général adjoint des Nations Unies, Jan Eliasson, pour présenter les recommandations du rapport.

    Leurs recommandations sont les suivantes :

    – Assurer avant tout la santé et la sécurité des collectivités requiert une réorientation fondamentale des priorités et des ressources en matière de politiques, qui permettrait d’abandonner les mesures punitives inefficaces au profit d’interventions sanitaires et sociales éprouvées.

    – Assurer un accès équitable aux médicaments essentiels, en particulier les analgésiques à base d’opiacés.

    – Cesser de criminaliser l’usage et la possession de drogues – et cesser de « traiter » de force des personnes dont la seule infraction est l’usage ou la possession de drogues

    – Appliquer d’autres options que l’incarcération pour les acteurs non violents du bas de l’échelle du trafic de drogue, tels les fermiers et les passeurs, entre autres personnes engagées dans la production, le transport et la vente de substances illégales.

    – Viser en priorité une réduction du pouvoir des organisations criminelles et de la violence et l’insécurité engendrées par la concurrence entre elles ainsi qu’avec l’État.

    – Permettre et appuyer les essais dans des marchés légalement réglementés de drogues actuellement interdites, en commençant, sans s’y limiter, par le cannabis, la feuille de coca et certaines nouvelles substances psychoactives.

    – Profiter de l’occasion offerte par la SEAGNU de 2016, qui approche à grands pas, pour réformer le régime mondial des politiques en matière de drogues.

    Vous pouvez consulter le rapport intégral ici.

  • Preventing music-festival drug deaths must go beyond saying ‘just say no’

    Preventing music-festival drug deaths must go beyond saying ‘just say no’

    This article first appeared as an op-ed in the National Post, August 20, 2014

    It’s summertime, so we can count on this unfortunate fact: Young Canadians will die or become seriously ill because of drug use at music festivals. Earlier this month, three deaths and dozens of cases of illness were attributed to drugs at the VELD festival in Ontario and Boonstock in BC. And the resurgence of large-scale, camp-out music events — especially EDM (electronic dance music) festivals — means these incidents will only become more common.

    The conventional response to these tragedies is predictable and ineffective. We tend to blame the individuals for making bad choices and trumpet the “just say no to drugs” mantra.

    But there’s a better way. For starters, we need to acknowledge that drug use is not going away. Which isn’t to say we should condone it or encourage it. However, it’s naïve to think that we can eliminate drug use at music festivals, or anywhere, for that matter.

    So let’s make it safer. The world is full of instructive solutions to the problems we face: Canadian youth are not unique in supplementing their partying with psychoactive substances. In the Netherlands, Switzerland, Portugal, Colombia, Spain and Austria, authorities have developed “safer parties” strategies to help concert-goers determine if the pills they are about to ingest are as advertised.

    In Austria, for example, ChEckiT project workers attend large music events and offer professional drug testing for purity and accurate labelling, which provides results within 30 minutes. It’s part of an integrated drug-checking service that includes information, individual counselling, crisis intervention, group discussions, telephone hotlines, and educational videos on drug-related themes. Colombian NGO Accion Tecnica Social has initiated a similar program in that country.

    Other countries provide continuously available street-level testing facilities. One example is the Dutch Ministry of Health’s Drug Information Monitoring System (DIMS), which began in 1988 with testing ecstasy at raves. Today, people can drop off their substances for analysis at a DIMS office, and then check on the internet a couple of days later for results. This system also gives authorities a real-time assessment of drug market trends, enabling general warnings to the community at large when warranted. Here in Canada, only police seizures and hospital visits give us that data, at which point it’s usually too late.

    None of these programs serve to endorse drug use. But they do send clear messages to young people that society actually cares about their wellbeing. Their fate doesn’t need to be conceded to the vagaries of an unregulated, potentially unsafe black market.

    Unfortunately, we don’t send these messages in Canada. Beyond broad platitudes about education and awareness, the concrete measures taken are primarily reactive rather than preventative. Public officials and police will wring their hands, warn people not to take drugs and perhaps step up attempts to go after the dealers. Event promoters will increase screening at the gate, bring in more emergency responders, and establish “chill-out tents” for those who need a break.

    All of which is perfectly worthwhile and laudable, but in the meantime, young people will die because no one in authority is willing to consider product safety as a potential solution to music festival deaths.

    Product testing isn’t complicated. It wouldn’t require any major legislation overhaul, and public-health workers could partner with existing grassroots organizations active in the space to carry it out. For example, the Toronto Raver Information Project (TRIP) already provides info and supplies around safer drug use for the perpetual cohort of partyers for whom simply “saying no” is not a realistic goal. ANKORS does similar work — including some rudimentary product testing — at B.C.’s Shambhala festival. Outside of the events themselves, police could more regularly disclose Health Canada results of the contents of substances seized at raves. Currently, they only do so in exceptional circumstances when it suits their purposes.

    Whatever the test results, however, we know from constant warnings of police and others that no drug is made safer when left in the hands of organized criminals and unregulated dealers. So as part of a product-safety regimen, we should also open a discussion about alternatives to across-the-board prohibition, like experimenting with a legal regulated market for party drugs — as New Zealand has done.

    Product testing and drug policy experimentation isn’t the same as creating a free-for-all where all drugs are available in any corner store for whoever wants them. Nor would it minimize the importance of health information and drug education and awareness programs — similar to how we approach tobacco and our favourite party drug, alcohol.

    It is simply the recognition that we have the power and knowledge to prevent unnecessary deaths at music festivals and anywhere else drugs are taken. What is holding us back?

  • Harm Reduction Comes of Age in Canada, or Does It?

    Harm Reduction Comes of Age in Canada, or Does It?

    This post first appeared in the Centre for Addictions Research of BC’s blog Matters of Substance.

    The Supreme Court of Canada’s September 2011 decision allowing Vancouver’s supervised injection site, Insite, to keep operating was a critical milestone for harm reduction in Canada.

    One only has to look at the list of interveners in the case in support of this innovative service to see that it has become a valued and mainstream service in Canada. Canadian health organizations including the Canadian Medical Association, Canadian Nurses Association, Canadian Public Health Association and 11 others saw fit to come before the court to support Insite. But even with this high level of support, scaling up harm-reduction services in Canada remains a challenge.

    Harm reduction gained traction as a result of the HIV/AIDS crisis in the early 1980s and played a critical role as a strategy to engage injection-drug users in HIV prevention. Harm reduction’s more recent challenges have elevated the critique of policy-related harms – harm caused by policies that criminalize people who use illegal drugs.

    Harm reduction acknowledges that there are significant risks associated with illegal drugs and also attempts to work towards mitigating harms within the criminalized environment where drug use occurs. This often puts the public-health goals of engaging people who use drugs in conflict with traditional public-safety strategies that rely on disruption of illegal drug markets, and in turn disruption of the lives of people who use illegal substances.  Harm-reduction approaches balance these realities and focus on creating safer environments as much as possible within a context of criminalization. Some examples include promoting supervision of consumption or discouraging using drugs while alone, promoting rapid response strategies in the form of peer-delivered naloxone programs and strategies that work towards achieving a kind of détente between health efforts and enforcement practices. Given the context of criminalization, a key goal of harm reduction is to maximize the benefits of public-health interventions and minimize the harm of drug use and the enforcement of drug policy.

    So what should Canada be doing to facilitate the development of a more robust harm reduction approach as a part of a comprehensive response to drug use? We urge governments to begin with a review of current drug policies to determine the benefits and harms to individuals and communities that accrue from the criminalization of drugs and the people who use them.

    Other countries have done such an analysis and have decided to eliminate criminalization as a response to possession of drugs for personal use in an effort to maximize the benefit of a public-health approach to drug problems. Portugal (2001) and the Czech Republic (2009), are two examples of jurisdictions that have taken this step. Both have decriminalized all drugs that are deemed to be for personal use. Portugal decriminalized drugs as part of a response to an HIV epidemic and high rates of drug overdose. The Czech Republic did the same as a result of an extensive evaluation of the previous policy of criminalization. Evaluation of the experience in Portugal has shown that results have been positive overall – HIV incidence and overdose deaths have been reduced, police are supportive of the new law as it has given them more meaningful and helpful involvement in steering individuals towards health services, more people are accessing treatment and other health services which were improved as a part of the decriminalization policy. Additionally no negative trends have been seen in terms of increased harms attributed to this policy change.

    Achieving a policy shift as significant as decriminalization will take some time. In the meantime, the Canadian Drug Policy Report, Getting to Tomorrow, outlines some possibilities for improving the development of harm reduction in Canada in the short term:

    • Acknowledge that harm reduction is much more than supply distribution and is an essential component of a comprehensive public health response to problematic substance use that offers client-centred strategies with health engagement at their core.
    • Acknowledge that harm reduction values the human rights of people who use drugs and affirms that they are the primary agents of change for reducing the harms of their drug use.
    • Provincial governments can commit to articulating harm reduction strategies across mental health, addictions and infectious disease policy frameworks.
    • Where harm reduction language is present within policy frameworks ensure implementation at the community level.
    • Support innovation at all levels. An ethic of experimentation will help create an environment where new ideas and novel approaches can be developed and explored.
    • Provide leadership to bring health and policing agencies together to get “on the same page” with regard to harm reduction. Opposition by some in the policing community is unfortunate and an unnecessary barrier to scaling up harm reduction programs.

    Developing a robust and equitable harm-reduction approach for Canadians will necessitate new thinking about old strategies — thinking that exposes the harms that flow directly from our current policy frameworks and will open the door to new ideas and approaches that are emerging around the world.

  • The Road to 2016 – Drug Policy Consensus Shattered

    The Road to 2016 – Drug Policy Consensus Shattered

    There’s a Crack in Everything – That’s How the Light Gets In (with thanks to Leonard Cohen)

    I couldn’t help it. Sometimes my mind would wander while attending the Commission on Narcotic Drugs (CND) meeting in Vienna – the annual drug policy palooza where UN member states gather to shore up the failed prohibitionist policies of the past. Even an unanticipated Russell Brand appearance could do only so much to enliven the sessions.

    In those mind-wandering moments, I found myself humming Leonard Cohen’s famous song “Anthem,” especially the beautiful line: “There’s a crack in everything, that’s how the light gets in.”

    I suppose my mind wasn’t so much wandering, as it was synthesizing the stark disconnect between the evidence presented at the outset of the meeting – in fact, the science at the heart of the enterprise – and the actual decisions arrived at by CND delegates.

    There is unquestionably a crack in the consensus in these global discussions, a crack that may well end up being a chasm as wide as the Grand Canyon by the time the UN Special Session on Drugs (UNGASS) takes place in 2016 in New York.

    Decriminalization

    As for the light, that came in part from the two stellar UN-appointed scientific panels that reported out at the beginning of the meeting. Michel Kazatchkine, UN Envoy to Eastern Europe and Asia on HIV, and Nora Volkow, Director of the US National Institute on Drug Abuse, chaired panels that delivered strong statements on the need for problematic drug use to be dealt with as a public health issue not a criminal issue. Kazatchkine’s group noted: “Criminalization of drug use, restrictive drug policies and aggressive law enforcement practices are key drivers of HIV and Hepatitis C epidemics.” Volkow’s group added: “We consider that criminal sanctions are not beneficial in addressing substance use disorders and discourage their use.”

    The divide between the above statements and the content of the negotiations at the CND was vast – the overwhelming majority of delegates clung to the status quo and refused to even consider language on decriminalization. Clearly we’ve made very little progress since Portugal (2001) and the Czech Republic (2009) decriminalized all drugs for personal use, on their own without fanfare or bringing it up at the CND.

    Harm Reduction

    In a somewhat Orwellian turn of language control, a number of countries including Canada demanded the words ‘harm’ and ‘reduction’ not appear side by side, but they could endorse “measures aimed at minimizing the negative public health and social impacts of drug abuse that are outlined in the WHO, UNODC, UNAIDS Technical Guide.”

    Harm reduction, in other words.

    These programs are the most cost effective way to engage people who use drugs and often the only bridge to more mainstream public health services. The scientific panel offered clear statements on the benefits and cost-effectiveness: “Harm reduction interventions are good value for money, with average costs per HIV infection averted ranging from $100 to $1,000.”

    Apparently scientists can use the words, but not the members of the CND.

    Death Penalty

    Switzerland, with support from others, pushed hard at the meeting for the Joint Ministerial Statement to clearly state the death penalty was not an appropriate response to drug offenses of any kind. In the end they failed, being blocked by countries like Iran, China and a number of other Middle Eastern and Asian countries. Canada’s silence on this discussion was deafening.

    The Swiss allowed the “consensus” document to go forward but not without delivering the following statement at the end of the meeting:

    “The death penalty is in opposition to our position with regard to all offences. The International Covenant on Civil and Political Rights says that it should only be applied for very serious crimes and therefore very rarely. The human rights committee says we should very much limit the use of the death penalty. The International Narcotics Control Board (INCB) said that its application was never in the spirit of the (drug) conventions. The INCB encourages countries to consider its abolition. In this background, the silence of the Joint Ministerial Statement (JMS) on the death penalty is regrettable. It does not take into account our position and that of other (UN) bodies. We will continue to promote the abolition of the death penalty. We ask that our agreement with the JMS is on this understanding – capital punishment is not in line with our commitment to combat the world drug problem. International cooperation on drug law enforcement is contingent to respect for all human rights – as well as the right to life.”

    2016 UN General Assembly Special Session on Drugs (UNGASS)

    If there’s one thing that we learned while attending the CND it’s that any meaningful consensus on new approaches to addressing drug problems globally will be near impossible to attain when the biggest international drug policy meeting in 20 years – UNGASS 2016 – takes place in two years at the UN General Assembly in New York.

    This meeting was called in response to the pleas from the presidents of Mexico, Colombia and Guatemala a little over a year ago, calling on the UN to facilitate real dialogue on alternative approaches to the global drug problems.

    UNGASS is huge because it will undoubtedly precipitate a new approach to drug policy – either through the development of a more progressive global consensus, or, more likely, because it will shatter the distorted idea that a global consensus is possible.

    Either way, countries should be free to chart their own appropriate path forward to address drug problems, grounded in the public health and human rights imperatives enshrined in various UN conventions, without the shackles of the misguided and restrictive drug control treaties.

    “Ring the bells that still can ring
    Forget your perfect offering
    There is a crack in everything
    That’s how the light gets in.”
    – Leonard Cohen, Anthem