{"id":15032,"date":"2021-04-06T08:17:14","date_gmt":"2021-04-06T16:17:14","guid":{"rendered":"https:\/\/drugpolicy.ca\/?page_id=15032"},"modified":"2021-04-09T19:30:23","modified_gmt":"2021-04-10T03:30:23","slug":"lhistoire-des-politiques-sur-les-drogues-au-canada","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.drugpolicy.ca\/fr\/about-old\/lhistoire-des-politiques-sur-les-drogues-au-canada\/","title":{"rendered":"L\u2019histoire des politiques sur les drogues au Canada"},"content":{"rendered":"\n\n\t<blockquote><p>\u00ab\u2009Se renseigner sur la prohibition des drogues au Canada fait r\u00e9fl\u00e9chir avec un esprit critique sur les politiques pass\u00e9es, la r\u00e9glementation l\u00e9gale, l&#8217;application de la loi, les r\u00e9formateurs moraux et leurs programmes, ainsi que sur de nouveaux d\u00e9veloppements et de nouvelles solutions \u00e0 adopter\u2009\u00bb<\/p>\n\n<\/blockquote>\n<h3>\n\t\tLa prohibition de l&#8217;alcool\n\t<\/h3>\n\t<p>\u00c0 partir des ann\u00e9es 1500, les commer\u00e7ants de fourrure, les missionnaires et les colonisateurs europ\u00e9ens de la Grande-Bretagne et de la France ont introduit l&#8217;alcool dans les communaut\u00e9s indig\u00e8nes lorsqu&#8217;ils ont colonis\u00e9 les terres que nous appelons aujourd&#8217;hui le Canada. On \u00e9changeait l&#8217;alcool contre des produits pr\u00e9cieux comme les fourrures aux postes de traite. Les cons\u00e9quences n\u00e9fastes que cela a eues sur les communaut\u00e9s indig\u00e8nes ont \u00e9t\u00e9 consid\u00e9rables. Alors que l&#8217;alcool a \u00e9t\u00e9 pour les Europ\u00e9ens la drogue pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e, des r\u00e9formateurs moraux, qui consid\u00e9raient l&#8217;alcool comme une influence corruptrice, d\u00e9non\u00e7aient de plus en plus sa consommation. Dans les ann\u00e9es 1800 et au d\u00e9but des ann\u00e9es 1900, le mouvement de temp\u00e9rance au Canada prend son essor. De plus, les r\u00e9formateurs moraux blancs cherchaient \u00e0 convertir les communaut\u00e9s indig\u00e8nes au christianisme et ils se sont donc concentr\u00e9s sur cet objectif, en plus des efforts de prohibition de l&#8217;alcool.<\/p>\n\t<blockquote><p>\u00ab\u2009La conversion des peuples indig\u00e8nes au christianisme, \u00e0 la morale et aux valeurs occidentales, ainsi qu&#8217;\u00e0 la sobri\u00e9t\u00e9, est devenue le but des r\u00e9formateurs de la temp\u00e9rance\u2009\u00bb.<\/p><\/blockquote>\n<h3>\n\t\tHistoire ancienne\n\t<\/h3>\n\t<p>C&#8217;est avec les colons britanniques de l&#8217;Europe, qui sont arriv\u00e9s au Canada pour coloniser les terres indig\u00e8nes, qu&#8217;est n\u00e9e la mentalit\u00e9 moraliste actuelle et dominante \u00e0 l&#8217;\u00e9gard des drogues. Ce principe provient de la philosophie chr\u00e9tienne protestante des ann\u00e9es\u00a01700, o\u00f9 la prohibition \u00e9tait un moyen de contr\u00f4le social sur les nations et les communaut\u00e9s racialis\u00e9es. Ces communaut\u00e9s \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9es comme \u00ab\u2009autres\u2009\u00bb et inf\u00e9rieures par les supr\u00e9macistes blancs europ\u00e9ens.<\/p>\n<p>Au Canada, dans les ann\u00e9es\u00a01700 \u00e0 1800, les substances psychoactives \u00e9taient l\u00e9gales et elles \u00e9taient souvent consomm\u00e9es \u00e0 des fins m\u00e9dicales. En Inde, en Chine et au Moyen-Orient, on consommait de l&#8217;opium pour soulager la douleur. Et les Europ\u00e9ens en consommaient aussi. Les colons europ\u00e9ens avaient apport\u00e9 l&#8217;opium jusqu&#8217;en Am\u00e9rique du Nord, o\u00f9 on le vendait comme m\u00e9dicament. C&#8217;\u00e9tait un produit l\u00e9gal et l&#8217;on pouvait le prendre oralement ou dans des tisanes et des \u00e9lixirs. La coca (substance dont est d\u00e9riv\u00e9e la coca\u00efne) a \u00e9t\u00e9 cultiv\u00e9e en Am\u00e9rique du Sud pendant des milliers d&#8217;ann\u00e9es et est arriv\u00e9e en Europe et au Canada apr\u00e8s la colonisation de l&#8217;Am\u00e9rique du Sud. \u00c0 la fin des ann\u00e9es\u00a01800, ce stimulant \u00e9tait pr\u00e9sent dans des produits comme le vin et les pastilles contre la toux. De plus, le cannabis \u00e9tait consomm\u00e9 par des personnes souffrant de diverses affections telles que la d\u00e9pression et l&#8217;insomnie.<\/p>\n\t<blockquote><p>\u00ab\u2009La prohibition des drogues est \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 la colonisation\u2009\u00bb.<\/p><\/blockquote>\n\t<p>Au cours des ann\u00e9es\u00a01800 et au d\u00e9but des ann\u00e9es\u00a01900, l&#8217;influence du protestantisme a provoqu\u00e9 un changement de mentalit\u00e9. Cela signifiait que l&#8217;on mettait l&#8217;accent sur la puret\u00e9 morale et la sobri\u00e9t\u00e9, ce qui cr\u00e9ait un sentiment croissant de malaise parmi la communaut\u00e9 m\u00e9dicale et autour de la pratique d&#8217;une m\u00e9decine non r\u00e9glement\u00e9e. Il existait un discours colonial qui voyait la consommation de certaines drogues comme une \u00e9pid\u00e9mie introduite dans l&#8217;Ouest par des personnes racialis\u00e9es et par cons\u00e9quent, en opposition \u00e0 la moralit\u00e9 des blancs de la classe moyenne.<\/p>\n\n<p>La Grande-Bretagne et la Chine ont connu deux guerres de l&#8217;opium qui se sont termin\u00e9es par une victoire britannique qui a s\u00e9curis\u00e9 leur commerce du pavot \u00e0 opium. La premi\u00e8re guerre \u00e9tait en 1839 et la deuxi\u00e8me en 1856, dans laquelle la France a rejoint la Grande-Bretagne. Les Britanniques profitaient consid\u00e9rablement de cette activit\u00e9 commerciale au cours de laquelle ils exportaient de l&#8217;opium de l&#8217;Inde en Chine afin d&#8217;en tirer des b\u00e9n\u00e9fices. Cela leur permettait d&#8217;acheter des produits de luxe comme la porcelaine et la soie, qui \u00e9taient en forte demande dans l&#8217;Ouest. La guerre a \u00e9clat\u00e9 lorsque la Chine a tent\u00e9 de mettre fin \u00e0 ce commerce, ce qui a provoqu\u00e9 des hostilit\u00e9s. Les missionnaires chr\u00e9tiens en Am\u00e9rique du Nord ont ainsi pu diffuser leur discours sur les m\u00e9faits de la consommation d&#8217;opium. Et plus particuli\u00e8rement, ils ont cibl\u00e9 la consommation par les \u00e9trangers, consid\u00e9r\u00e9s comme des combattants ennemis.<\/p>\n\t<blockquote><p>Le point de vue des missionnaires protestants sur la consommation d&#8217;opium dans les nations colonis\u00e9es \u00e9tait une forme d&#8217;imp\u00e9rialisme culturel. Ils ne comprenaient pas que la consommation n&#8217;\u00e9tait pas probl\u00e9matique, surtout en Inde.<\/p><\/blockquote>\n\t<p>Les r\u00e9formateurs moraux chr\u00e9tiens se sont appuy\u00e9s sur le sentiment anti-chinois pour d\u00e9finir la consommation d&#8217;opium comme une activit\u00e9 dangereuse associ\u00e9e aux \u00ab\u2009\u00e9trangers\u2009\u00bb, en particulier les hommes chinois, et repr\u00e9sentant ainsi une menace pour la soci\u00e9t\u00e9 blanche, morale et chr\u00e9tienne. Par ailleurs, on ignorait en grande partie le libre commerce de l&#8217;opium par la Grande-Bretagne. Cette conception et cette \u00e9volution de l&#8217;opinion publique furent \u00e0 l&#8217;origine des lois et des politiques qui allaient se concr\u00e9tiser dans les ann\u00e9es suivantes et qui ont renforc\u00e9 la prohibition et entra\u00een\u00e9 les dommages sanitaires et sociaux que l&#8217;on conna\u00eet aujourd&#8217;hui.<\/p>\n<h3>\n\t\tLes ann\u00e9es\u00a01880 \u00e0 1920\u00a0: Les d\u00e9buts de la lutte contre la drogue\n\t<\/h3>\n\t<p>Au Canada, Vancouver est le berceau de la prohibition, motiv\u00e9e en grande partie par le racisme anti-chinois et la perception d&#8217;une menace \u00e0 la puret\u00e9 de la classe moyenne blanche. Dans les ann\u00e9es\u00a01880, les hommes chinois sont arriv\u00e9s au Canada pour travailler sur le chemin de fer Canadien Pacifique et, une fois le chemin de fer termin\u00e9, un grand nombre d&#8217;entre eux sont venus vivre \u00e0 Vancouver. Le racisme anti-indig\u00e8ne \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 r\u00e9pandu dans la ville en ce temps-l\u00e0 et provenait du colonialisme et des dispositions de la <i>Loi sur les Indiens<\/i>, qui interdisait la vente d&#8217;alcool aux Indiens inscrits.<\/p>\n\t<p>\u00cates-vous pr\u00eat(e) \u00e0 aider?<\/p>\n\t<p>Soutenez des politiques sur les drogues bas\u00e9es sur la justice sociale, la compassion et les preuves. Inscrivez-vous \u00e0 notre newsletter pour obtenir des mises \u00e0 jour et d\u00e9couvrez comment vous pouvez agir avec nous.<\/p>\n\t<iframe width=\"100%\" src=\"https:\/\/widgets-candrugpolicy.nationbuilder.com\/signup-widget-one-line-fr\"><\/iframe>\n\t<p>Les Chinois \u00e9taient oblig\u00e9s de payer une taxe d&#8217;entr\u00e9e et n&#8217;avaient pas le droit de poss\u00e9der une propri\u00e9t\u00e9 ou un commerce en dehors d&#8217;une zone connue aujourd&#8217;hui sous le nom de \u00ab\u2009Chinatown\u2009\u00bb dans l&#8217;est de Vancouver. Certains hommes chinois fumaient de l&#8217;opium pour soulager la douleur et se d\u00e9tendre. Les r\u00e9formateurs moraux et les m\u00e9dias associaient la consommation d&#8217;opium \u00e0 la corruption des chr\u00e9tiens blancs par des hommes racialis\u00e9s. La r\u00e9cession \u00e9conomique a exacerb\u00e9 ce racisme\u00a0: les ouvriers blancs, craignant le ch\u00f4mage, percevaient les travailleurs japonais et chinois comme une menace pour leurs emplois.<\/p>\n\n<p>C&#8217;est le 7\u00a0septembre 1907 qu&#8217;environ 9\u2009000\u00a0personnes, y compris des dirigeants syndicaux et des politiciens, se sont dirig\u00e9es vers l&#8217;h\u00f4tel de ville de Vancouver pour protester et exprimer leur col\u00e8re. Ils craignaient que leur s\u00e9curit\u00e9 d&#8217;emploi soit menac\u00e9e par les travailleurs asiatiques. Un groupe d&#8217;hommes blancs s&#8217;est s\u00e9par\u00e9 du groupe et s&#8217;est dirig\u00e9 au quartier chinois. Ils ont vandalis\u00e9 et d\u00e9truit des commerces priv\u00e9s appartenant \u00e0 des personnes chinoises ou japonaises, tout en d\u00e9clenchant une vague de violence et de d\u00e9sordre. \u00ab\u2009Les m\u00e9dias ont \u00e9galement contribu\u00e9 aux sentiments anti-asiatiques en exigeant que la Colombie-Britannique reste une province blanche. Ils montraient les Chinois comme des \u00e9trangers inf\u00e9rieurs, exigeaient la d\u00e9portation et insistaient pour que l&#8217;immigration cesse\u2009\u00bb. (Boyd, 39)<\/p>\n<p>\u00ab\u2009L&#8217;\u00e9meute raciale\u2009\u00bb de 1907 a attir\u00e9 l&#8217;attention des m\u00e9dias du monde entier. C&#8217;est alors que le premier ministre Wilfred Laurier a envoy\u00e9 \u00e0 Vancouver son sous-ministre du Travail, Mackenzie King, pour mener une enqu\u00eate. Les r\u00e9formateurs anti-opium (qui avaient des liens \u00e9troits avec les missionnaires protestants) ont profit\u00e9 de la pr\u00e9sence d&#8217;un haut responsable du gouvernement pour se rapprocher d&#8217;Ottawa. Ils ont ainsi exig\u00e9 une rencontre avec M.\u00a0King dans le but de le persuader et d&#8217;influencer la politique gouvernementale.<\/p>\n\t<blockquote><p>\u00ab\u2009La prohibition des drogues n&#8217;est rien d&#8217;autre qu&#8217;une exp\u00e9rience qui a co\u00fbt\u00e9 des milliards de dollars et qui a compl\u00e8tement \u00e9chou\u00e9\u2009\u00bb.<\/p><\/blockquote>\n\t<p>La Ligue contre l&#8217;opium chinois consid\u00e9rait l&#8217;opium comme une maladie dangereuse pour la soci\u00e9t\u00e9. King leur a accord\u00e9 un rendez-vous et, apr\u00e8s leur rencontre, ils ont tent\u00e9 d&#8217;interdire de fumer de l&#8217;opium au Canada en raison des dangers per\u00e7us. Par la suite, alors qu&#8217;il s&#8217;adressait aux m\u00e9dias, King a d\u00e9clar\u00e9 qu&#8217;\u00ab\u2009il devrait \u00eatre interdit de produire cette drogue dans tous les coins du Dominion&#8230; cette \u00e9meute nous apportera quand m\u00eame quelques bienfaits\u2009\u00bb (Boyd, 41). C&#8217;est ainsi que la criminalisation officielle de la consommation de substances a commenc\u00e9 au Canada.<\/p>\n\n\n<p>Influenc\u00e9 par ses rencontres avec des r\u00e9formateurs contre l&#8217;opium, King devint l&#8217;un des premiers \u00e9vang\u00e9listes de la prohibition au sein du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral. Il a pr\u00e9sent\u00e9 un rapport exigeant la suppression de l&#8217;opium. La <i>Loi sur l&#8217;opium<\/i> de 1908 a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e sans preuve ni d\u00e9bats sur la Colline du Parlement. Le Canada s&#8217;est ainsi engag\u00e9 sur la voie dangereuse de la prohibition qui causera plus de mal que de bien, notamment \u00e0 cause du profilage par la police, des lourdes peines d&#8217;emprisonnement et d&#8217;un march\u00e9 ill\u00e9gal des drogues non r\u00e9glement\u00e9. Tous ces m\u00e9faits ont touch\u00e9 de fa\u00e7on disproportionn\u00e9e les Canadiens de couleur et les indig\u00e8nes, dont les cons\u00e9quences perdurent encore aujourd&#8217;hui.<\/p>\n<p>La <i>Loi<\/i> punissait ceux qui importaient, produisaient ou vendaient de l&#8217;opium \u00e0 des fins non m\u00e9dicales, et les sanctions p\u00e9nales et mon\u00e9taires \u00e9taient exorbitantes de fa\u00e7on disproportionn\u00e9e. La <i>Loi sur l&#8217;opium<\/i> \u00e9tait une loi qui ciblait les Canadiens d&#8217;origine chinoise et qui \u00e9tait fond\u00e9e sur le racisme anti-chinois.<\/p>\n<p>Le Parlement a adopt\u00e9 la <i>Loi sur l&#8217;opium et autres drogues<\/i> en 1911, ce qui a ajout\u00e9 d&#8217;autres drogues \u00e0 la liste des substances interdites, notamment la coca\u00efne et la morphine. De plus, la police a \u00e9largi ses pouvoirs d&#8217;application de la loi, et les forces de l&#8217;ordre ont commenc\u00e9 \u00e0 cibler les hommes chinois. La fr\u00e9quence des condamnations li\u00e9es \u00e0 la drogue a commenc\u00e9 \u00e0 augmenter.<\/p>\n<p>Les efforts en faveur de la prohibition se sont r\u00e9pandus dans tout le Canada. \u00c0 Montr\u00e9al, la Soci\u00e9t\u00e9 d&#8217;aide \u00e0 l&#8217;enfance, avec le soutien de politiciens, de chefs religieux, de policiers et du Cercle des femmes de Montr\u00e9al, a lanc\u00e9 une campagne contre la coca\u00efne. Les m\u00e9dias ont adopt\u00e9 l&#8217;esprit prohibitionniste et ont publi\u00e9 des articles dramatiques diabolisant la consommation de substances et condamnant les personnes qui en consommaient. Mackenzie King s&#8217;est servi de ces reportages \u00e0 la Chambre des communes pour renforcer la politique prohibitionniste en mati\u00e8re de drogues, ce qui aurait des cons\u00e9quences d\u00e9vastatrices pour le Canada dans les ann\u00e9es \u00e0 venir.<\/p>\n\n<p>Apr\u00e8s la Premi\u00e8re Guerre mondiale, le climat de m\u00e9fiance envers les \u00e9trangers est devenu encore plus prononc\u00e9 en Am\u00e9rique du Nord. Les Canadiens consid\u00e9raient les \u00e9trangers, en particulier ceux d&#8217;origine chinoise, comme des ennemis. Ce contexte a accentu\u00e9 le d\u00e9sir de renforcer les lois sur la consommation de drogues afin de la p\u00e9naliser plus s\u00e9v\u00e8rement.<\/p>\n<p>La <i>Loi sur l&#8217;Opium et les drogues narcotiques<\/i> est adopt\u00e9e en 1920. Un an plus tard, Mackenzie King, p\u00e8re de la prohibition, est devenu premier ministre. La r\u00e9glementation canadienne en mati\u00e8re de drogues a commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre centralis\u00e9e et renforc\u00e9e par le Bureau des Drogues Dangereuses, un nouveau d\u00e9partement gouvernemental. La Gendarmerie Royale du Canada (GRC) a \u00e9t\u00e9 charg\u00e9e d&#8217;appliquer les lois punitives sur les drogues, des lois fond\u00e9es sur un syst\u00e8me qui s&#8217;opposait aux programmes d&#8217;entretien des drogues et favorisait l&#8217;abstinence et l&#8217;emprisonnement.<\/p>\n\t<blockquote><p>\u00ab\u2009Au cours des ann\u00e9es\u00a01920, les lois canadiennes sur les drogues sont devenues plus s\u00e9v\u00e8res\u2009\u00bb.\u00a0<\/p><\/blockquote>\n\t\n<p>L&#8217;histoire de la prohibition des drogues au Canada se caract\u00e9rise par des personnages cl\u00e9s qui ont influenc\u00e9 des politiques, des politiques qui continuent de nuire aux communaut\u00e9s, notamment aux communaut\u00e9s racialis\u00e9es \u00e0 ce jour. Emily Murphy \u00e9tait l&#8217;un de ces personnages. Magistrate et r\u00e9formatrice morale passionn\u00e9e, elle a publi\u00e9 une s\u00e9rie d&#8217;articles dans le magazine <i>Maclean&#8217;s<\/i>, qui ont ensuite \u00e9t\u00e9 rassembl\u00e9s dans un livre, \u00ab\u2009<i>The Black Candle<\/i><i>\u2009<\/i>\u00bb (1922). Elle y d\u00e9crit la consommation de substances comme \u00e9tant une force corruptrice et destructrice pour la soci\u00e9t\u00e9 civilis\u00e9e. Elle pr\u00e9sente les \u00ab\u2009autres\u2009\u00bb racialis\u00e9s comme des ennemis de la nation blanche. Murphy attribuait la criminalit\u00e9 et l&#8217;immoralit\u00e9 sexuelle des femmes \u00e0 la consommation d&#8217;opium, affirmant m\u00eame que \u00ab\u2009la pr\u00e9sence de femmes blanches \u00e0 proximit\u00e9 d&#8217;hommes racialis\u00e9s entra\u00eenerait leur ruine in\u00e9vitable et menacerait la nation chr\u00e9tienne blanche\u2009\u00bb. (Boyd, 53) De plus, Murphy a jou\u00e9 un r\u00f4le dans la prohibition de la marijuana.<\/p>\n<p>Des campagnes de sensibilisation contre la drogue ont \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9es par les clubs locaux Rotary et Kiwanis, les associations pour la protection de l&#8217;enfance, et par la police. D&#8217;autres campagnes dans les m\u00e9dias proposaient des solutions \u00e0 la \u00ab\u2009menace chinoise\u2009\u00bb, telles que l&#8217;abolition des quartiers chinois, la d\u00e9portation des Canadiens d&#8217;origine chinoise et des lois plus s\u00e9v\u00e8res sur les drogues. Les grands m\u00e9dias ont renforc\u00e9 le racisme envers les Chinois en d\u00e9crivant des fumeries d&#8217;opium \u00ab\u2009r\u00e9pugnantes\u2009\u00bb et en pr\u00e9sentant les hommes chinois comme une force corruptrice.<\/p>\n\t<blockquote><p>\u00ab\u2009Depuis longtemps, les drogues criminalis\u00e9es sont associ\u00e9es \u00e0 des groupes marginalis\u00e9s et racialis\u00e9s qui sont pr\u00e9sent\u00e9s comme des \u00e9trangers \u00e0 la nation, qui menacent la morale des Canadiens\u2009\u00bb.<\/p><\/blockquote>\n\t<p>Les m\u00e9dias ont men\u00e9 une campagne contre les drogues et les Chinois, ce qui a conduit \u00e0 l&#8217;adoption de la <i>Loi d&#8217;exclusion des Chinois<\/i> (1923). Cette loi, parmi d&#8217;autres formes de discrimination, a permis \u00e0 la police de cibler la communaut\u00e9 chinoise et la consommation de substances. En 1922, le gouvernement a durci la <i>Loi sur l&#8217;Opium et les drogues narcotiques<\/i>, et l&#8217;ann\u00e9e suivante, la marijuana a \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9e \u00e0 la liste des drogues interdites. La prohibition progressait \u00e0 grands pas. Des peines d&#8217;emprisonnement s\u00e9v\u00e8res furent promulgu\u00e9es pour toute infraction \u00e0 la loi sur les drogues. \u00c0 la fin des ann\u00e9es\u00a01920, le Bureau des Drogues Dangereuses intensifia son contr\u00f4le des pharmacies et sa surveillance des personnes qui consomment des drogues. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne a continu\u00e9 au cours de la d\u00e9cennie suivante. En 1938, on comptait 11\u00a0groupes diff\u00e9rents de drogues criminalis\u00e9es.<\/p>\n\t\t\t\t<a href=\"https:\/\/fernwoodpublishing.ca\/book\/busted\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\" itemprop=\"url\">\n\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/drugpolicy.ca\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Busted-Banner-scaled.jpg\" alt=\"Graphic banner of Susan Boyd's book Busted\" itemprop=\"image\" height=\"728\" width=\"2560\" title=\"Busted Banner\" onerror=\"this.style.display='none'\"  \/>\n\t\t\t\t<\/a>\n<h3>\n\t\tLes ann\u00e9es\u00a01940 et 1950\u00a0: Le toxicomane criminel et les substances psych\u00e9d\u00e9liques\n\t<\/h3>\n\t<p>Dans les ann\u00e9es\u00a01940, un lien plus \u00e9troit est \u00e9tabli entre la toxicomanie et la criminalit\u00e9, entra\u00eenant des inqui\u00e9tudes quant au \u00ab\u2009toxicomane criminel\u2009\u00bb. Cette qualification justifiait une approche punitive de la justice p\u00e9nale envers les consommateurs de drogues, plut\u00f4t que des interventions de sant\u00e9 publique fond\u00e9es sur des preuves. \u00c0 cette \u00e9poque, 75\u00a0% des condamnations pour drogue \u00e9taient pour la possession de drogue et pr\u00e8s des trois quarts d&#8217;entre elles conduisaient \u00e0 une peine de prison. On a consid\u00e9r\u00e9 les consommateurs de drogues comme \u00e9tant dangereux et repr\u00e9sentant un risque pour la soci\u00e9t\u00e9. Cette caract\u00e9risation est perp\u00e9tu\u00e9e aujourd&#8217;hui et renforce la stigmatisation structurelle de la soci\u00e9t\u00e9, contribuant ainsi aux d\u00e9c\u00e8s par surdose.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale, \u00e0 la suite de la fermeture de nombreuses fumeries d&#8217;opium et de la d\u00e9portation des Chinois, on a observ\u00e9 un changement dans la consommation de drogues au Canada\u00a0: on est pass\u00e9 de la fum\u00e9e d&#8217;opium \u00e0 l&#8217;injection d&#8217;h\u00e9ro\u00efne et de morphine. Le traitement de la toxicomanie, en particulier de l&#8217;h\u00e9ro\u00efne, fut confi\u00e9 aux psychiatres, et les consommateurs de drogues \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s non seulement comme des criminels, mais aussi comme des malades. L&#8217;application de la loi \u00e9tait toujours la r\u00e9ponse standard \u00e0 la consommation de substances, et la police se montrait tr\u00e8s discriminatoire, ciblant les \u00ab\u2009toxicomanes criminels\u2009\u00bb.<\/p>\n<p>En 1948, l&#8217;Office national du film (ONF) a r\u00e9alis\u00e9 le documentaire \u00ab\u2009<i>Drug Addict<\/i>\u2009\u00bb sur la consommation de drogues, destin\u00e9 \u00e0 servir comme outil \u00e9ducatif aux policiers et aux professionnels de la sant\u00e9. Le film a perp\u00e9tu\u00e9 le st\u00e9r\u00e9otype courant selon lequel les drogues \u00e9taient apport\u00e9es au Canada par \u00ab\u2009l&#8217;autre \u00bb, \u00e9tranger et racialis\u00e9, , tout en renfor\u00e7ant les croyances sur la criminalit\u00e9 des consommateurs de drogues et les pr\u00e9sentant comme des individus \u00e0 craindre. Le documentaire, r\u00e9alis\u00e9 avec la collaboration de la GRC, ainsi que le film <i>La Drogue<\/i> (1956), une autre r\u00e9alisation de l&#8217;ONF, ont contribu\u00e9 \u00e0 renforcer la croyance que la seule r\u00e9ponse appropri\u00e9e \u00e0 la consommation de drogues \u00e9tait l&#8217;application de la loi.<\/p>\n<p>\u00c0 cette \u00e9poque, m\u00eame si elle \u00e9tait rarement prescrite, l&#8217;h\u00e9ro\u00efne \u00e9tait toujours autoris\u00e9e sur ordonnance. Mais en 1955, le Canada a arr\u00eat\u00e9 de fournir des permis pour son importation en r\u00e9ponse aux recommandations de l&#8217;Organisation mondiale de la sant\u00e9.<\/p>\n\n<p>Earnest Winch \u00e9tait membre de l&#8217;Assembl\u00e9e l\u00e9gislative de la Colombie-Britannique et l&#8217;un des premiers d\u00e9fenseurs du mod\u00e8le de sant\u00e9 publique en mati\u00e8re de consommation de substances. En 1955, il a plaid\u00e9 devant les autorit\u00e9s la n\u00e9cessit\u00e9 de cr\u00e9er \u00ab\u2009des cliniques r\u00e9glement\u00e9es pour le traitement des toxicomanes chroniques confirm\u00e9s, afin de leur administrer la quantit\u00e9 minimale qui leur permettra de conserver leurs modes de subsistance et de ne pas avoir \u00e0 se tourner vers les sources d&#8217;approvisionnement illicites\u2009\u00bb (Boyd, 72). Winch a \u00e9galement soulign\u00e9 les pr\u00e9jug\u00e9s de classe existants dans l&#8217;application des lois sur les drogues, en remarquant que ce sont les pauvres et les classes ouvri\u00e8res qui ressentent principalement les impacts du syst\u00e8me de justice p\u00e9nale pour les infractions li\u00e9es aux drogues. Les personnes riches \u00e9taient en mesure de payer d&#8217;autres personnes pour leur procurer des drogues et financer des traitements co\u00fbteux que la classe ouvri\u00e8re ne pouvait se permettre.<\/p>\n<p>En 1952, \u00e0 Vancouver, le Dr Lawrence Ranta et quelques collaborateurs ont r\u00e9dig\u00e9 un rapport affirmant que la consommation de drogues et la toxicomanie sont plut\u00f4t un probl\u00e8me de sant\u00e9 qu&#8217;un probl\u00e8me de justice p\u00e9nale. Dans son rapport, le Dr Ranta recommandait le financement public des programmes de traitement de la toxicomanie, et notamment la mise en place de dispensaires qui distribueraient de l&#8217;h\u00e9ro\u00efne l\u00e9gale aux personnes d\u00e9pendantes de cette drogue. En r\u00e9ponse aux conclusions du rapport et comme le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral refusait de consid\u00e9rer la toxicomanie comme un probl\u00e8me de sant\u00e9, la Narcotic Addiction Foundation of British Columbia (NAFBC) a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e par la province en 1955. Ce fut alors la premi\u00e8re organisation au Canada \u00e0 offrir la m\u00e9thadone comme moyen de traitement dans un programme de sevrage de 12\u00a0jours. Malgr\u00e9 le travail de la NAFBC, le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral a continu\u00e9 \u00e0 criminaliser la consommation de substances ainsi que les personnes qui en consommaient.<\/p>\n\n<p>Le LSD a \u00e9t\u00e9 l\u00e9galis\u00e9 au Canada dans les ann\u00e9es\u00a01950, et des chercheurs ont men\u00e9 des \u00e9tudes pionni\u00e8res sur ses qualit\u00e9s th\u00e9rapeutiques. Au cours de cette d\u00e9cennie, l&#8217;h\u00f4pital psychiatrique de Weyburn, en Saskatchewan, a \u00e9t\u00e9 un centre de recherche novateur sur le LSD. La drogue a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e pour traiter la schizophr\u00e9nie et l&#8217;alcoolisme. En 1962, la Saskatchewan est devenue la premi\u00e8re province \u00e0 offrir des soins de sant\u00e9 publique. Le premier ministre de la Saskatchewan, Tommy Douglas, qui \u00e9tait un d\u00e9fenseur des soins de sant\u00e9 publique et mentale, a offert des bourses de recherche pour attirer les m\u00e9decins qui faisaient des recherches novatrices. Cette p\u00e9riode a contribu\u00e9 \u00e0 am\u00e9liorer notre compr\u00e9hension du LSD.<\/p>\n\t<blockquote><p>\u00ab\u2009Les drogues, ce n&#8217;est pas un concept fixe\u00a0: nos opinions \u00e0 ce sujet sont influenc\u00e9es par l&#8217;\u00e9poque dans laquelle nous vivons\u2009\u00bb.<\/p><\/blockquote>\n<h3>\n\t\tLes ann\u00e9es\u00a01960 et 1970\u00a0: Le mouvement de contre-culture\n\t<\/h3>\n\t<p>Les ann\u00e9es\u00a060 ont \u00e9t\u00e9 une p\u00e9riode de changements politiques et sociaux au Canada, et non seulement une d\u00e9cennie de \u00ab\u2009sexe, drogues et rock and roll\u2009\u00bb. Les activit\u00e9s militantes ont pris de l&#8217;ampleur et se sont d\u00e9roul\u00e9es dans le contexte d&#8217;un mouvement de contre-culture, qui s&#8217;est d\u00e9velopp\u00e9 pour contrer le gouvernement conservateur de John Diefenbaker. La contre-culture est plus ouverte aux opinions alternatives sur le sexe et la race et \u00e0 la pens\u00e9e critique. On a observ\u00e9 un accroissement de la consommation de drogues illicites, en particulier de cannabis. Ainsi, on a vu un d\u00e9sir pour un changement politique et social d\u00e9fiant les conventions.<\/p>\n<p>Ce fut \u00e9galement une p\u00e9riode o\u00f9 les lois sur les drogues \u00e9taient parmi les plus s\u00e9v\u00e8res \u00e0 ce jour. En 1961, la <i>Loi sur les stup\u00e9fiants<\/i> est entr\u00e9e en vigueur. Cette loi a autoris\u00e9 la discrimination et les peines punitives contre les personnes qui consommaient des drogues. Cette m\u00eame ann\u00e9e, le Canada a sign\u00e9 la <i>Convention unique sur les stup\u00e9fiants<\/i>. Cet accord international a affaibli le contr\u00f4le national de la politique sur les drogues. La <i>Convention unique<\/i> a renforc\u00e9 l&#8217;approche de la justice p\u00e9nale en mati\u00e8re de consommation de drogues.<\/p>\n\n<p>Durant cette d\u00e9cennie, la consommation de cannabis par des \u00e9tudiants universitaires blancs a mis en \u00e9vidence la mani\u00e8re dont le racisme avait influenc\u00e9 la politique sur les drogues \u00e0 ce jour. Vers la fin des ann\u00e9es\u00a01960, les \u00e9tudiants universitaires du Canada ont r\u00e9clam\u00e9 la l\u00e9galisation du cannabis. Auparavant, la politique de lutte contre la drogue \u00e9tait dirig\u00e9e contre les hommes racialis\u00e9s (principalement les Chinois et les Noirs), puis contre les consommateurs d&#8217;h\u00e9ro\u00efne blancs et pauvres de Montr\u00e9al, Toronto et Vancouver. Mais \u00e0 la fin des ann\u00e9es\u00a01960 et au d\u00e9but des ann\u00e9es\u00a01970, la police a commenc\u00e9 \u00e0 cibler les jeunes blancs de la classe moyenne. En 1972, le nombre d&#8217;arrestations pour possession de cannabis a augment\u00e9 dramatiquement.<\/p>\n<p>Inquiets de la s\u00e9curit\u00e9 de leurs enfants, les parents blancs de la classe moyenne ont critiqu\u00e9 la criminalisation du cannabis et le profilage des consommateurs par la police. Les m\u00e9dias grand public tels que <i>Ch\u00e2telaine<\/i>, <i>Life<\/i> et <i>Time Magazine<\/i> se sont joints aux efforts de d\u00e9fense de ces jeunes \u00e9tudiants et ont publi\u00e9 des articles critiquant les lourdes peines de prison qui leur ont \u00e9t\u00e9 inflig\u00e9es. Cela contrastait avec la repr\u00e9sentation que ces m\u00eames m\u00e9dias donnaient des hommes chinois comme \u00ab\u2009l&#8217;autre \u00bb \u00e9tranger, source d&#8217;immoralit\u00e9, et repr\u00e9sentant une menace pour la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Le journal <i>The Georgia Straight<\/i> a commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre diffus\u00e9 en 1976. Il se positionna comme porte-parole contre la prohibition du cannabis et la brutalit\u00e9 de la police envers les jeunes personnes. Le r\u00e9dacteur en chef, Dan McLeod, a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 et battu par la police, et la publication a \u00e9t\u00e9 accus\u00e9e plus souvent que toute autre au Canada en raison des lois sur l&#8217;obsc\u00e9nit\u00e9 du pays.<\/p>\n\n<p>\u00c0 travers le Canada, les festivals de musique ont servi d&#8217;espaces de rencontre pour les jeunes engag\u00e9s dans le mouvement de la contre-culture, contre lequel le maire de Vancouver, Tom Campbell, s&#8217;est fermement oppos\u00e9. Le 7\u00a0ao\u00fbt 1971, un grand \u00e9v\u00e9nement public, le \u00ab\u2009Gastown Smoke-In &amp; Street Jamboree\u2009\u00bb, a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9 pour d\u00e9noncer la brutalit\u00e9 polici\u00e8re envers les adolescents, les arrestations li\u00e9es \u00e0 la marijuana et une op\u00e9ration d&#8217;infiltration appel\u00e9e \u00ab\u2009Operation Dustpan\u2009\u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab\u2009L&#8217;op\u00e9ration Dustpan avait un objectif simple d&#8217;augmenter la pr\u00e9sence polici\u00e8re dans les quartiers probl\u00e9matiques et de mettre en place des unit\u00e9s d&#8217;infiltration pour arr\u00eater les consommateurs de drogues. Cependant, l&#8217;op\u00e9ration Dustpan a \u00e9t\u00e9 beaucoup plus nuisible et agressive que ce qui \u00e9tait d\u00e9crit officiellement. \u00c0 Gastown, les policiers ont entour\u00e9 des rues enti\u00e8res, rassemblant les gens et les fouillant. Ceux qui ressemblaient \u00e0 des hippies avec des cheveux longs et des barbes et qui s&#8217;habillaient diff\u00e9remment \u00e9taient souvent arr\u00eat\u00e9s lorsqu&#8217;ils marchaient dans la rue, puis d\u00e9tenus et fouill\u00e9s. Selon les autorit\u00e9s polici\u00e8res, l&#8217;op\u00e9ration Dustpan a \u00e9t\u00e9 un grand succ\u00e8s puisque, au cours des dix premiers jours, 59\u00a0arrestations ont \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9es \u00e0 Gastown\u2009\u00bb. (Mus\u00e9e de la police de Vancouver)<\/p>\n<p>Pendant cet \u00e9v\u00e9nement public, de grandes foules se sont rassembl\u00e9es au coin des rues Carroll et Water et elles ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s vite rejointes par des policiers de Vancouver avec des chiens, des chevaux et des matraques. \u00ab\u2009Les policiers ont charg\u00e9 la foule pacifique, en brandissant leurs matraques, en arr\u00eatant des gens et en cr\u00e9ant le chaos\u2009\u00bb. (Boyd, 116) Apr\u00e8s une investigation approfondie autour des \u00e9v\u00e9nements qui se sont d\u00e9roul\u00e9s, on a conclu que la police de Vancouver \u00e9tait responsable et a provoqu\u00e9 une \u00e9meute.<\/p>\n\n<p>En 1969, le gouvernement canadien a lanc\u00e9 une commission d&#8217;enqu\u00eate sur l&#8217;usage des drogues \u00e0 des fins non m\u00e9dicales. Les repr\u00e9sentants de la commission ont consult\u00e9 diverses communaut\u00e9s \u00e0 travers le Canada sur la consommation de drogues, les traitements, les lois et les politiques. Dans ses conclusions, la commission a indiqu\u00e9 que les sanctions p\u00e9nales contre les consommateurs de drogues devraient \u00eatre r\u00e9duites, que la possession de cannabis devrait \u00eatre supprim\u00e9e et que les personnes d\u00e9pendantes des opio\u00efdes devraient avoir acc\u00e8s \u00e0 un traitement m\u00e9dical plut\u00f4t que de sanctions p\u00e9nales. Ces recommandations de la Commission Le Dain n&#8217;ont jamais \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9es.<\/p>\n\t<iframe loading=\"lazy\" src=\"\/\/www.cbc.ca\/i\/caffeine\/syndicate\/?mediaId=1627328995\" width=\"757\" height=\"400\" frameborder=\"0\" allowfullscreen><\/iframe>\n\t\n<p>La consommation de drogues pharmaceutiques est devenue plus courante dans les ann\u00e9es\u00a01960, mais elle est rest\u00e9e moins visible, car on accordait une attention disproportionn\u00e9e aux drogues ill\u00e9gales. Alors que les m\u00e9dias grand public accordaient une attention particuli\u00e8re aux substances criminalis\u00e9es comme l&#8217;h\u00e9ro\u00efne, les programmes t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s et les films montraient comment les drogues pharmaceutiques, comme le Valium, \u00e9taient consomm\u00e9es dans des buts non m\u00e9dicaux. Certains films tels que \u00ab\u2009Valley of the Dolls\u2009\u00bb, un drame sur trois femmes blanches qui consomment des substances pharmaceutiques, ont illustr\u00e9 cette \u00e9volution des habitudes de consommation. \u00ab\u2009La culture populaire soutenait souvent que la ligne qui s\u00e9pare les drogues l\u00e9gales des drogues ill\u00e9gales est \u00e0 la fois abstraite et instable\u2009\u00bb. (Boyd, 123)<\/p>\n<p>En 1971, l&#8217;Organisation des Nations Unies a \u00e9tendu la Convention unique sur les stup\u00e9fiants afin de lutter contre le commerce ill\u00e9gal et la production de \u00ab\u2009drogues synth\u00e9tiques\u2009\u00bb. La m\u00eame ann\u00e9e, le ministre canadien de la Sant\u00e9, John Munro, a d\u00e9clar\u00e9 son intention de l\u00e9galiser la marijuana au Canada. Le projet de loi S-19, qui aurait retir\u00e9 le cannabis de la Loi sur les stup\u00e9fiants, a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9, mais n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 en raison de la contestation par la police. Par la suite, les communaut\u00e9s de personnes utilisant des substances ont continu\u00e9 \u00e0 \u00eatre criminalis\u00e9es et opprim\u00e9es. La Loi sur le traitement de l&#8217;h\u00e9ro\u00efne (Heroin Treatment Act) a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e en Colombie britannique en 1978 et a autoris\u00e9 la d\u00e9tention forc\u00e9e de personnes qui consommaient des drogues et qui avaient besoin d&#8217;un traitement.<\/p>\n<p>Vers la fin des ann\u00e9es 1970, le dynamisme des activistes de la d\u00e9cennie pr\u00e9c\u00e9dente faiblissait, ce qui \u00e9tait caus\u00e9 entre autres par une \u00e9conomie en d\u00e9clin et un gouvernement qui tentait de r\u00e9primer les syndicats. Toutefois, les actions de mobilisation pour mettre fin \u00e0 la guerre de la drogue ont continu\u00e9 jusqu&#8217;\u00e0 la prochaine d\u00e9cennie.<\/p>\n<h3>\n\t\tLes ann\u00e9es\u00a01980 \u00e0 2000\u00a0: La r\u00e9sistance \u00e0 la guerre contre la drogue\n\t<\/h3>\n\t<p>La prohibition et le traitement bas\u00e9 sur le principe de l&#8217;abstinence ont continu\u00e9 sous le n\u00e9olib\u00e9ralisme, et la criminalisation de la consommation de substances s&#8217;est intensifi\u00e9e au Canada, tout comme aux \u00c9tats-Unis. En 1986, le pr\u00e9sident am\u00e9ricain Ronald Reagan renforce la \u00ab\u2009guerre contre la drogue\u2009\u00bb d\u00e9clar\u00e9e par Richard Nixon. Il a ainsi augment\u00e9 les d\u00e9penses consacr\u00e9es \u00e0 l&#8217;application de la loi et approuv\u00e9 des peines minimales obligatoires pour les infractions li\u00e9es \u00e0 la drogue. En 1987, le premier ministre canadien Brian Mulroney a pr\u00e9sent\u00e9 la premi\u00e8re <i>Strat\u00e9gie nationale antidrogue<\/i> quinquennale du Canada. Le Canada a ensuite sign\u00e9 la <i>Convention des Nations Unies contre le trafic illicite de stup\u00e9fiants et de substances psychotropes<\/i> en 1988, qui a renforc\u00e9 la lutte internationale contre les drogues ill\u00e9gales. En 1997, la <i>Loi r\u00e9glementant certaines drogues et autres substances<\/i> a remplac\u00e9 la <i>Loi sur les stup\u00e9fiants<\/i> au Canada tout en conservant des politiques prohibitionnistes.<\/p>\n<p>Vers le milieu des ann\u00e9es\u00a01990, on a vu deux mouvements se d\u00e9velopper pour contrer la criminalisation de la consommation de substances au Canada. Les consommateurs de drogues ont pris la t\u00eate d&#8217;un mouvement pour la r\u00e9duction des m\u00e9faits et pour un traitement plus humain et ax\u00e9 sur les preuves, ainsi que d&#8217;un mouvement pour la l\u00e9galisation du cannabis.<\/p>\n\n<p>Le principe de la r\u00e9duction des m\u00e9faits est apparu sur la sc\u00e8ne internationale dans les ann\u00e9es\u00a01980, plus pr\u00e9cis\u00e9ment au Royaume-Uni et aux Pays-Bas. Son objectif \u00e9tait de sauver des vies. Au Canada, les premiers programmes d&#8217;\u00e9change de seringues ont \u00e9t\u00e9 mis en place \u00e0 la fin des ann\u00e9es\u00a080 \u00e0 Vancouver, Toronto et Montr\u00e9al. Bien qu&#8217;ils contreviennent aux lois de l&#8217;\u00e9poque, ces programmes ont sauv\u00e9 des vies et pr\u00e9venu les infections au VIH. Au d\u00e9but des ann\u00e9es\u00a090, il y a eu une augmentation des surdoses de drogues et des infections au VIH et \u00e0 l&#8217;h\u00e9patite C dans le quartier Downtown Eastside de Vancouver. Les militants ont exig\u00e9 un changement des politiques et, en d\u00e9fiant la loi, ont ouvert leurs propres sites d&#8217;injection supervis\u00e9e non officiels, comme le \u00ab\u2009Back Alley\u2009\u00bb sur la rue Powell. Ils ont ainsi sauv\u00e9 des vies et r\u00e9pondu \u00e0 un besoin urgent de sant\u00e9 publique.<\/p>\n<p>En 1997, deux activistes, Bud Osborne et Ann Livingston, ont fond\u00e9 la premi\u00e8re association de consommateurs de drogues\u00a0: le <a href=\"https:\/\/vandureplace.wordpress.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Vancouver Area Network of Drug Users<\/a> (VANDU). VANDU a jou\u00e9 un r\u00f4le d\u00e9terminant dans la d\u00e9fense des droits, de la sant\u00e9 et de la s\u00e9curit\u00e9 des personnes qui consomment des drogues et des r\u00e9sidents du quartier Downtown Eastside. Ses membres ont mobilis\u00e9 la communaut\u00e9 et organis\u00e9 des manifestations pour attirer l&#8217;attention sur les crises de l&#8217;empoisonnement par la drogue et des infections au VIH qui faisaient rage \u00e0 l&#8217;\u00e9poque.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 leurs efforts, le Conseil de sant\u00e9 de Vancouver-Richmond a d\u00e9clar\u00e9 une urgence sanitaire en 1997. La demande pour des sites d&#8217;injection supervis\u00e9e et pour un traitement avec prescription d&#8217;h\u00e9ro\u00efne est devenue de plus en plus forte. En 2001, \u00e0 la suite d&#8217;une consultation publique \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle de la ville, le coordonnateur des politiques sur les drogues de la ville de Vancouver, Donald MacPherson, a r\u00e9dig\u00e9 un rapport fondamental intitul\u00e9 \u00ab\u2009<i>A Four Pillar Approach to Drug Problems in Vancouver<\/i>\u2009 \u00bb. Ce rapport proposait la r\u00e9duction des m\u00e9faits, le traitement, l&#8217;application de la loi et la pr\u00e9vention comme priorit\u00e9s dans une strat\u00e9gie globale de politique sur les drogues. L&#8217;approche des quatre piliers, sugg\u00e9r\u00e9e dans les \u00ab\u2009<i>Four Pillars<\/i>\u2009\u00bb a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e comme politique officielle par la ville de Vancouver et servirait \u00e0 informer et \u00e0 inspirer les strat\u00e9gies de politique sur les drogues dans tout le Canada.<\/p>\n\t<blockquote><p>\u00ab\u2009Si l&#8217;on conna\u00eet l&#8217;histoire de la prohibition au Canada, on peut mieux comprendre les \u00e9v\u00e9nements actuels et les perceptions concernant les drogues et les personnes qui les consomment\u2009\u00bb.<\/p><\/blockquote>\n\t<p>MacPherson a aussi recommand\u00e9 d&#8217;ouvrir des sites d&#8217;injection supervis\u00e9e et d&#8217;offrir un traitement avec prescription d&#8217;h\u00e9ro\u00efne. En 2003, Insite a ouvert ses portes afin de fournir des services de sant\u00e9 vitaux \u00e0 une communaut\u00e9 qui en avait besoin. Depuis 2002, le Dr Peter Centre op\u00e9rait sans autorisation f\u00e9d\u00e9rale un site d&#8217;injection avec supervision par des infirmi\u00e8res. Ce site \u00e9tait int\u00e9gr\u00e9 aux programmes de soins de sant\u00e9 existants.<\/p>\n<p>En 2006, les conservateurs de Stephen Harper sont arriv\u00e9s au pouvoir et, l&#8217;ann\u00e9e suivante, ils ont mis en place la Strat\u00e9gie canadienne antidrogue. Celle-ci rejetait fermement la r\u00e9duction des m\u00e9faits et privil\u00e9giait l&#8217;application de la loi, en s&#8217;appuyant sur des st\u00e9r\u00e9otypes et des mythes sur la consommation de substances pour faire avancer la lutte contre la drogue. Les progr\u00e8s des personnes qui consomment des drogues et de leurs alli\u00e9s \u00e9taient confront\u00e9s \u00e0 une r\u00e9sistance intense de la part d&#8217;un gouvernement motiv\u00e9 par l&#8217;id\u00e9ologie et qui ne s&#8217;int\u00e9ressait gu\u00e8re \u00e0 la r\u00e9duction des m\u00e9faits. Les conservateurs de Harper ont essay\u00e9 de fermer Insite, mais sans succ\u00e8s lorsque la Portland Hotel Society et ses clients Dean Wilson et Shelly Tomic ont contest\u00e9 la constitutionnalit\u00e9 de cette initiative. En 2011, la Cour supr\u00eame du Canada a jug\u00e9 que la fermeture de ce site d&#8217;injection supervis\u00e9e, le premier en Am\u00e9rique du Nord, \u00e9tait contraire \u00e0 la Charte des droits et libert\u00e9s pour les personnes qui d\u00e9pendaient de ses services.<\/p>\n<p>Bien qu&#8217;ils aient perdu devant les tribunaux, les conservateurs f\u00e9d\u00e9raux ont continu\u00e9 \u00e0 lutter contre la consommation de drogues et les personnes qui en consomment. Ainsi, la Loi sur la s\u00e9curit\u00e9 des rues et des communaut\u00e9s a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e et la Loi r\u00e9glementant certaines drogues et autres substances a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9e dans le but de renforcer les mesures punitives.<\/p>\n\n<p>En 1984, le gouvernement a lev\u00e9 l&#8217;interdiction des licences d&#8217;importation d&#8217;h\u00e9ro\u00efne. En 2005, le traitement avec prescription d&#8217;h\u00e9ro\u00efne (TPH) a \u00e9t\u00e9 exp\u00e9riment\u00e9 \u00e0 Vancouver et \u00e0 Montr\u00e9al. Ce traitement a prouv\u00e9 qu&#8217;il \u00e9tait b\u00e9n\u00e9fique pour les consommateurs d&#8217;opio\u00efdes \u00e0 long terme qui ne r\u00e9pondaient pas aux interventions sanitaires conventionnelles. Toutefois, on n&#8217;a pas mis en place de programmes permanents pour le TPH. \u00c0 la fin de 2011, on a ouvert les portes du deuxi\u00e8me essai de traitement avec prescription d&#8217;h\u00e9ro\u00efne \u00e0 Vancouver. Comme l&#8217;\u00e9tude arrivait \u00e0 sa fin, on a compris que ceux qui en avaient b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 seraient brusquement priv\u00e9s d&#8217;un approvisionnement en substances qui leur permettraient de mener une vie plus saine. C&#8217;est pourquoi, en 2013, cinq plaignants (des participants \u00e0 l&#8217;essai) ainsi que Providence Health Care de la Colombie-Britannique ont d\u00e9pos\u00e9 une contestation fond\u00e9e sur la Charte des droits et libert\u00e9s contre le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral. Cependant, les lib\u00e9raux ont d\u00e9fait les conservateurs de Stephen Harper en 2005 et ont retir\u00e9 la plainte. Depuis septembre 2017, la Crosstown Clinic de Vancouver offre le seul programme de traitement avec prescription d&#8217;h\u00e9ro\u00efne en Am\u00e9rique du Nord.<\/p>\n\t<iframe loading=\"lazy\" width=\"560\" height=\"315\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/ysY7_DfX4iY\" title=\"YouTube video player\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n\t<p>Cette histoire ne s&#8217;arr\u00eate pas l\u00e0\u00a0: une autre \u00e9pid\u00e9mie d&#8217;empoisonnement par drogue et de surdose a \u00e9clat\u00e9 entre 2010 et 2020, sans pr\u00e9c\u00e9dent dans son \u00e9tendue et sa s\u00e9v\u00e9rit\u00e9. Le fentanyl et le carfentanil, produits ill\u00e9gaux et non r\u00e9glement\u00e9s, ont contamin\u00e9 l&#8217;approvisionnement de drogues illicites et caus\u00e9 des milliers de d\u00e9c\u00e8s au Canada. \u00c0 ce jour, plus de 17\u2009000\u00a0personnes au Canada sont mortes d&#8217;un empoisonnement par drogue ou d&#8217;une surdose. Pour la premi\u00e8re fois en quatre d\u00e9cennies, l&#8217;esp\u00e9rance de vie n&#8217;augmente plus. Les provinces les plus touch\u00e9es par cette crise sont la Colombie-Britannique, l&#8217;Alberta et l&#8217;Ontario. Les derni\u00e8res pages de \u00ab\u2009Busted : An Illustrated history of Drug Prohibition in Canada\u2009\u00bb explorent cette triste r\u00e9alit\u00e9. On y retrouve \u00e9galement des t\u00e9moignages de l&#8217;activisme des militants de la r\u00e9duction des m\u00e9faits et de certains politiciens, qui ont affront\u00e9 l&#8217;apathie par l&#8217;action. Le livre raconte \u00e9galement la lutte pour la l\u00e9galisation de la marijuana, finalement termin\u00e9e en 2018 lorsque le cannabis est devenu un produit l\u00e9galement accessible dans tout le Canada. Mais \u00ab\u2009Busted\u2009\u00bb souligne que la nouvelle Loi sur le cannabis continue de punir s\u00e9v\u00e8rement certaines infractions \u00e0 la Loi. La Loi n&#8217;exon\u00e8re pas non plus les personnes qui ont un casier judiciaire pour des infractions non violentes li\u00e9es au cannabis.<\/p>\n<p>Aujourd&#8217;hui, de fortes initiatives et des actions militantes fa\u00e7onnent les prochaines lignes des politiques sur les drogues au Canada : un mouvement de personnes qui consomment des drogues ainsi que de m\u00e8res qui ont perdu leurs fils et leurs filles est en train de changer la perception traditionnelle et n\u00e9faste de la consommation de substances, des programmes communautaires de r\u00e9duction des m\u00e9faits apportent de l&#8217;espoir et permettent de sauver des vies l\u00e0 o\u00f9 la consommation de substances est li\u00e9e \u00e0 la pauvret\u00e9, et des m\u00e9decins utilisent la technologie pour r\u00e9duire les obstacles \u00e0 l&#8217;acc\u00e8s \u00e0 des substances r\u00e9glement\u00e9es et s\u00fbres pour les personnes qui en ont besoin.<\/p>\n\n\t\t\t<a href=\"https:\/\/drugpolicy.ca\/fr\/join-email-list\/\" target=\"_blank\" role=\"button\" rel=\"noopener\">\n\t\t\t\t\t\t\tVenez nous rejoindre\n\t\t\t\t\t<\/a>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":38,"featured_media":14069,"parent":2505,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_acf_changed":false,"_crdt_document":"","footnotes":""},"class_list":["post-15032","page","type-page","status-publish","has-post-thumbnail","hentry"],"acf":[],"mb":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.3 - 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